Mon intervention en plénière sur les violations des droits de l'Homme en Chine

Publié le par Marie-Christine Vergiat

Intervention de Marie - Christine Vergiat

Députée européenne

Coordinatrice de la Délégation française "Front de gauche"

Responsable de la sous - commission "Droits de l'Homme" pour la GUE/NGL

 

Débat sur les droits de l'Homme en Chine, notamment le cas de Liu Xibao

Strasbourg, le 21 janvier 2010

 

 

Monsieur le Président,

Mesdames et messieurs, cher(e)s collègues,

 

La Chine est un grand pays, riche de son histoire, et dont les capacités de développement sont immenses. La tenue des jeux olympiques à Pékin l'année dernière n'a pas eu les résultats que certains avaient escomptés.

 

Les relations que l'Union européenne est en capacité d'entretenir avec ce pays revêtent une importance toute particulière.

 

Il est de notre devoir en tant que parlementaires européens de dire haut et fort ce que nous trouvons important et ce qui n'est pas supportable.

 

Or, la situation des droits de l'Homme dans ce pays n'est pas supportable. Le cas de M. Liu Xiaobao, coupable de réclamer des réformes démocratiques dans son pays avec plus de 10 000 de ses compatriotes est, à cet égard, exemplaire. Oserai-je dire qu'à mes yeux, c'est plutôt un exploit que de permettre une telle mobilisation dans ce pays?

 

Nous devons exiger la libération de M. Xiaobao et de tous ceux et de toutes celles qui, comme lui, sont harcelés, emprisonnés, condamnés à mort, voir exécutés pour avoir commis un seul crime: celui de défendre les droits de l'homme et notamment l'un des plus fondamentaux d'entre eux, la liberté d'expression.

 

Tout récemment, un citoyen britannique a effectivement été exécuté alors qu'il était déficient mental. C'est la première fois qu'un Européen est exécuté en Chine depuis plus de cinquante ans.

 

Oui en Chine, la liberté d'expression est bafouée chaque jour un peu plus, comme vient de nous le révéler Google, qui a pourtant la réputation d'être, sinon l'opérateur qui protégerait le mieux – du moins le moins mal – les internautes car on sait que pour s'installer en Chine les opérateurs doivent à la demande des autorités chinoises installer des logiciels de filtre. Ce que même Google avait fini par accepter.

 

Nous ne pouvons pas accepter qu'un gouvernement opère des actes de piratage sur l'internet et empêche les internautes de s'exprimer.

 

Les institutions européennes, dans leur ensemble, doivent réagir. Les internautes chinois doivent pouvoir accéder à des informations non censurées. L'Union européenne se doit de soutenir les entreprises du secteur de l'internet qui refusent d'aider les autorités chinoises à censurer l'internet ou, pire, à arrêter les défenseurs des droits de l'homme, les démocrates ou, plus simplement, les journalistes, comme ce fut le cas avec M. Xiaobao en avril 2005.

 

Enfin, mes chers collègues, je ne peux terminer mon intervention sans vous demander de ne pas oublier les morts de Tiananmen, plusieurs centaines de jeunes Chinois ont trouvé la mort dans la nuit du 3 au 4 juin de 1989. C'était il y a vingt ans, un triste anniversaire, que nous nous serions honorés de commémorer en rendant hommage à ces jeunes victimes. Mais tous les événements de 1989 n'ont pas eu droit à la même attention.

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