Chronique d'une eurodéputée N°5

Crise et austérité pour les peuples.... Après la Grèce, sorte de bouc émissaire, les plans de rigueur s'étendent désormais quasiment toute l'Europe. Les mesures de rigueur pèsent toujours sur les mêmes, c'est dire d'abord et avant tout sur les milieux populaires.

Cela fait plus de 30 ans qu'ils nous bassinent avec la crise, crise du pétrole, puis crise de l'industrie, crise économique et aujourd'hui crise financière. Plus de 30 ans que le chômage fait des ravages, qu'après Reagan et Thatcher, ce sont l'ensemble des gouvernements occidentaux, quelles que soient leurs couleurs politiques, qui ont cassé et cassent encore les services publics et démantèlent l'Etat social.

Or, durant cette période, la richesse mondiale n'a cessé de s'accroitre et les écarts entre les plus riches et les plus pauvres n'ont cessé de se creuser.

Les patrons français seraient d'ailleurs parmi les mieux rémunérés d'Europe, triste privilège qui explique sans doute pourquoi monsieur Sarkozy tient tant au bouclier fiscal.

 

Et nous devrions accepter une nouvelle réforme des retraites qui conduirait notre pays à être un des plus restrictif d'Europe en ce domaine. Car on oublie de dire que, dans tous les pays où l'âge de la retraite a augmenté, c'est en contrepartie de mesures portant notamment sur la réduction de la durée des cotisations.

 

Et que fait l'Europe ? Les débats au Parlement européen sont assez surréalistes. Une solution miracle a vu le jour : le gouvernement économique. Mais de qui se moque-t-on ? Comme si l'économie n'était pas au coeur des préoccupations des institutions européennes... En fait, il s'agit d'octroyer à la Commission le droit de contrôler les budgets votés par les Parlements nationaux. Une façon comme une autre de mépriser un peu plus les instances démocratiques.

Et pas moyen d'obtenir la moindre taxation des produits financiers, au mieux on rassemble les voix de la GUE/NGL, des Verts et des socialistes européens et encore seulement les jours fastes ce qui en toute hypothèse ne fait pas une majorité

 

Nous avons cependant obtenu quelques petites victoires. D'abord, nous avons empêché la Commission d'augmenter le temps de travail des transporteurs routiers indépendants au delà de 60 heures, une mesure indispensable la sécurité routière et empêchant un « dumping social » vis vis des salariés de ce secteur.

Nous avons aussi bloqué l'autorisation de la thrombine, cet additif qui permet d'agglomérer la viande malgré le cynisme du commissaire européen défendant la mesure qui a osé nous dire que c'était une mesure favorable aux pauvres puisque cela leur permettrait d'acheter de la viande moins chère...

Enfin, nous avons sauvé le rapport de notre amie portugaise Ilda Figuerido sur les conséquences pour les femmes de la stratégie 2020 qui contenait, entre autres, la réaffirmation des droits sexuels des femmes parmi lesquels bien sûr le droit l'avortement

De petites victoires, certes mais néanmoins importantes pour ceux et celles qu'elles concernent et qui justifient bien les combats que nous menons inlassablement au sein du Parlement européen.