Mon intervention sur la politique de l'UE en faveur des défenseurs des droits de l'homme

Publié le par Marie-Christine Vergiat

Marie-Christine Vergiat, au nom du groupe GUE/NGL . – Monsieur le Président, les défenseurs des droits de l'homme se reconnaissent avant tout par ce qu'ils font. Ce sont tous ceux et toutes celles qui, souvent au péril de leur vie, se battent partout à travers le monde pour mettre en œuvre, faire vivre et défendre tous les droits tels qu'ils résultent de la Déclaration universelle des droits de l'homme et des textes qui l'ont complétée.

Je me reconnais pleinement dans cette phrase du rapport. Oui, notre conception des droits de l'homme doit être celle des Nations unies, c'est-à-dire que nous devons défendre une conception universelle et indivisible des droits de l'homme. Universelle, c'est-à-dire partout à travers le monde, indivisible, c'est-à-dire que tous les droits de l'homme doivent être défendus à égalité, sans les opposer les uns aux autres, qu'il s'agisse des droits civils et politiques, des droits économiques et sociaux, des droits environnementaux et des droits culturels.

L'Union européenne a mis en œuvre un certain nombre d'instruments dans ce domaine, et je me félicite que le rapport les passe au crible, y compris au regard des nouvelles compétences du Parlement dans ce domaine. Je voudrais donc remercier Mme Hautala pour la qualité de son rapport et la façon dont elle a accepté de travailler avec nous.

Ce rapport est assez critique vis-à-vis de la politique de l'Union européenne. Nous savons tous qu'entre les discours et les actes, il reste beaucoup à faire. Trop souvent, les intérêts économiques et diplomatiques passent avant les droits de l'homme, et ses défenseurs sont les premières victimes de ces ambiguïtés. La politique de l'Union européenne, tout comme celle de ses États membres, est souvent à géométrie variable. Pour la militante des droits de l'homme que je suis, cela reste insupportable.

Avec ce rapport, au-delà de la condamnation de toutes les violences dont sont victimes les défenseurs des droits de l'homme, nous esquissons un certain nombre de pistes qu'il nous faudra construire étape par étape pour que l'Union européenne renforce sa crédibilité sans aucune instrumentalisation.

Oui, Madame Ashton, nous avons beaucoup à faire dans ce domaine. Le débat précédent nous l'a montré, comme celui, demain après-midi, sur la Libye nous le montrera, comme aussi la politique qui sera retenue en matière de ventes d'instruments de torture effectuées par un certain nombre de pays européens.

Commenter cet article