Chronique d'une Eurodéputée N°3

C'est finalement assez dur que d'essayer de rendre compte une fois par mois de mon mandat européen même si je m'en tiens pour l'essentiel aux sessions de Strasbourg.

 

Pourtant la dernière session qui a lieu du 23 au 26 novembre a été particulièrement chargée. Jugez-en par vous même.


Tout d'abord, lundi, je suis intervenue en séance sur deux textes sur lesquelles j'étais « shadow rapporteur » comme on dit à Bruxelles, autrement dit en français « rapporteur fictif » c'est à dire responsable du suivi de ce texte pour mon groupe : la GUE/NGL[1] : l'un portait sur Europol, et l'autre sur le système d'information des douanes. Dans les deux cas, il s'agissait de la protection des données personnelles dans les fichiers policiers et donc de dénoncer la dérive sécuritaire et de dire que si tout citoyen a droit à la sécurité, ce n'est pas avec la surveillance généralisée de la population que les choses peuvent progresser car ces fichages sacrifient les libertés sans le moindre résultat probant (cf. la généralisation des caméras de surveillance en Grande Bretagne qui n'ont pu empêcher les attentats – au mieux ils ont permis d'identifier les auteurs après leur mort....).


Le lendemain mardi, à l'initiative de la GUE, j'ai interrogé la Commission et le Conseil sur les expulsions d'Afgans. Et là nous avons assisté à un festival d'hypocrisie et de mauvaise foi : le ministre suédois parlant de simple rationalisation des moyens et Jacques Barrot, toujours commissaire en charge de ces questions, nous démontrant en quoi cela n'avait rien de collectif et cela respectait les textes internationaux sur le droit d'asile.

 

Quelle ne fut donc pas ma surprise le lendemain mercredi de voir le Parlement européen attribuer son prix du cinéma (prix LUX) à « Welcome » : film « citoyen » selon les termes même de son réalisateur , Philippe Lioret, qui ouvre les yeux sur le quotidien des Afgans à Sangatte.

 

Plusieurs autres textes importants ont également été adoptés au cours de cette session :              

 bien sûr, une résolution sur le Sommet de Copenhague qui, si elle n'est pas totalement satisfaisante tant sur la question des droits à polluer qu'avec l'entre deux sur le nucléaire, comporte de nombreux points positifs à souligner notamment des objectifs clairs pour la diminution des rejets de gaz carboniques : - 20% d'ici à 20020 et – 80% d'ici à 2050, la nécessité de soutenir les pays émergents y compris en matière de transferts technologiques ou encore les conséquences de la déforestation.

 un texte sur le fonds d'ajustement à la mondialisation avec son hypocrisie totale qui permet à l'Union européenne de financer des multinationales comme Dell en Irlande parce qu'elles licencient et en Pologne parce qu'elles y délocalisent justement les usines fermées en Irlande.

 

 Enfin, je voudrais dire deux mots sur  l'élargissement de l'Union où là nous avons assisté à un numéro de « real politique » assez invraisemblable notamment parce que l'on a mélangé la question de l'Islande, celle de la Turquie et celle des Balkans. A dire vrai, les divisions traversaient tous les groupes politiques et sans être contre l'élargissement par principe, la rédaction même du texte soumis au vote ne pouvait qu'interroger. 

[1]GUE/NGL : Gauche unitaire européenne/ Gauche verte nordique