Chronique d'une Eurodéputée N°2

Plus de deux mois ont passé depuis ma précédente chronique. Le temps file à toute à l'allure. Que de choses nouvelles, que d'apprentissages !


Tout d'abord, le travail en commission. Je siège à la commission «Culture, éducation» et à la commission «Libertés civiles, justice et affaires intérieures». Deux commissions très différentes :

- la 1ère se mobilise sur des champs qui sont en dehors des Traités et donc hors concurrence et c'est tant mieux.

Nous y travaillons sur des programmes incitatifs visant à promouvoir une meilleure connaissance. Par exemple, les programmes d'échanges européens entre jeunes, étudiants comme Erasmus et beaucoup d'autres. Nous orientons les priorités du budget de l'UE en ce domaine.

Un gros dossier à l'horizon : Europeana, la bibliothèque numérique européenne. Allons-nous laisser Google s'emparer de ce « juteux » marché pour développer « une culture de masse » au mépris de la diversité ou bien arriverons-nous à créer un outil qui permette de préserver la culture européenne et d'en faciliter l'égal accès à tous et à toutes ? Les enjeux sont lourds...

- la seconde est ce qu'on appelle, dans le jargon bruxellois, une commission législative. C'est une des commissions dont l'ordre du jour est le plus chargé. Et son rôle va croître avec la mise en œuvre du Traité de Lisbonne puisque l'essentiel des textes qui y seront examinés le seront en processus de co-décision, c'est-à-dire que le Parlement devra voter le texte proposé par la Commission pour qu'il puisse être applicable. Les sujets concernés sont souvent lourds de conséquences en termes de libertés publiques puisque c'est là que sont examinées les politiques d'immigration, de justice, de lutte contre le terrorisme et donc les coopérations policières type Schengen, Frontex, Europol ou judiciaire comme Eurojus. C'est là aussi que se créent des noyaux de résistance contre les politiques sécuritaires allant quelquefois jusqu'à des majorités pouvant paraître étonnantes s'opposant à la chasse aux sans papiers, au fichage généralisé, aux atteintes à la protection des données personnelles, ...


Je ne peux conclure cette chronique sans évoquer les séances plénières.

Nous y avons vu monsieur Barroso se faire élire à la majorité absolue des suffrages exprimés alors qu'une majorité relative lui suffisait grâce à l'abstention de la majeure partie des socialistes européens et même au vote positif des Espagnols, des Portuguais et de quelques Anglais.

Mes sentiments n'ont guère évolué, ce n'est pas là que l'on fait avancer les choses.

Néanmoins toute intervention en séance permet de prendre date même si c'est de façon purement symbolique puisque les interventions ne durent qu'une à 3 minutes.

J'ai pu intervenir, grâce à mon groupe, sur des sujets qui m'intéressaient : Accord UE/Etats-Unis sur Swift1, suppression des visas de court séjour ou situation en Guinée.

Sur tous ces sujets, je me sens à l'aise pour porter mes valeurs, mes combats et être ainsi fidèle à ce que j'ai dit durant la campagne électorale.


1Swift est cette société qui avaient transmis un certain nombre de données bancaires européennes aux Etats-Unis sans que qui que ce soit en Europe en est été informé. Ce scandale avait été révélé par la presse américaine et ce n'est qu'ensuite qu'un premier accord a été signé entre l'UE et les Etats-Unis

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