Chronique d'une eurodéputée N°4

 Décidément le temps passe très vite au Parlement européen et je ne comprend pas que l'on s'y ennuie.

En France,  l'activité politique de ces derniers mois a été centrée sur les élections régionales mais cela n'a pas d'incidence sur notre calendrier parlementaire qui ne peut tenir compte de l'ensemble des échéances électorales dans chaque pays (sinon, avec 27 pays membres, nous n'en sortirions jamais).

 

En outre, mes petits camarades de la GUE/NGL ne m'ont pas laissée chômer. Déjà investie dans les commissions « Libertés civiles » et « Culture /éducation», j'assure désormais la coordination de la sous-commission « droits de l'Homme ».

Tous ceux et toutes celles qui s'intéressent aux activités internationales savent qu'il ne se passe quasiment pas une semaine sans que nous soyons saisis d'un nouveau cas de violations des droits de l'Homme dans tel ou tel pays du monde. Comme nombre de mes collègues s'intéressent à l'Amérique latine et à la situation au Proche Orient, j'ai décidé de me centrer sur l'Afrique et l'Asie. Et je suis ainsi intervenue sur la situation en Tunisie, à Madagascar, au Mexique, en Chine, au Kirghizistan et en Guinée.[1] Cela soulève des questions passionnantes quant à la politique étrangère de l'UE et cela fait débat y compris au sein de notre groupe, j'aurais donc l'occasion d'y revenir.

L'activité du Parlement a aussi bien sûr été marquée par la mise en place de la nouvelle Commission en janvier avec les compromis habituels entre libéraux/socialistes et conservateurs (chacun essayant de sauver le maximum de postes).

Et bien sûr aussi, par l'entrée en vigueur, depuis le 1er février, du Traité de Lisbonne.

Je dois dire qu'il nous arrive de nous amuser en en voyant certains pris au piège de leurs contradictions.

Tout ce petit monde n'est toujours pas prêt à tirer les leçons de la crise économique et sociale ; l'exemple de la dette grecque en témoigne. Les demandes indécentes d'austérité pesant sur le peuple grec ajoutées aux atermoiements principalement allemands démontrent que le dogme de la concurrence libre et non faussée est toujours aussi prégnant et empêche de trouver des solutions pouvant redonner espoir à nombre de nos concitoyens.

Mais nous avons aussi des raisons d'espérer. D'abord, au sein de la Gauche européenne puisque nos analyses convergent largement au sein de la GUE/NGL et nous sommes quasi-unanimes pour demander une initiative de solidarité européenne vis à vis du peuple grec.

Ensuite, plus largement, dès lors que le Parlement européen semble décidé à exercer de ses prérogatives, il peut peser sur certaines décisions. La Commission et le Conseil doivent obtenir son aval par exemple sur tout le champ des libertés publiques et sur tout accord international.

Ainsi l'affaire SWIFT, qui permet le transfert en vrac des données bancaires de citoyens européens, est arrivée à point nommé. Les atteintes à la protection des données, à la protection de la vie privée mais aussi à certaines données commerciales contenues dans un accord avec le gouvernement des Etats-Unis ont paru totalement inacceptables et ont largement rejetées à la dernière session d'avril à Strasbourg, la Commission a une nouvelle fois été invitée à revoir sa copie.