Pourquoi je suis candidate [La Maison de l'Amérique Latine, le 7 Avril 2009]

[Intervention de Marie-Christine Vergiat lors de la présentation des têtes de liste à La Maison de l'Amérique Latine, le 7 avril 2009]

L’actualité, ce sont chaque jour de nouveaux licenciements boursiers, de nouvelles fermetures de site, de nouvelles délocalisations.

Dans le Sud Est, c’est Carterpillar à Grenoble, les Potin près de Roanne, la Vallée de l’Arve en Haute Savoie avec les licenciements massifs de la sous-traitance automobile, ou encore le port de Marseille dont il faut, parait-il,
« chasser le choléra » avec le comportement scandaleux du patron de Bolluda.

Ce ne sont pas juste des noms, des marques, des titres dans la presse, ce sont des centaines de femmes et d’hommes dont les vies sont brisées.
Ce sont autant d’exemples qui montrent que nous avons besoin d’une autre Europe dont le maître mot ne soit plus seulement la concurrence libre et non faussée, et dont les seules préoccupations ne soient plus seulement économiques.

Depuis des années, on nous bassine avec l’Europe sociale.
Où est-elle l’Europe sociale ?
Que fait-on aujourd’hui pour répondre à cette crise dont tout le monde s’accorde à dire quelle est une des plus graves jamais vécues ?

Que nous propose-t-on à Bruxelles ?

-    Une Europe qui tourne le dos à la démocratie, où les décisions sont prises par des technocrates à qui les politiques ont pour l’essentiel abandonné le pouvoir. Une Europe où l’on voit le Traité Constitutionnel repoussé par les peuples français et irlandais revenir en catimini sous forme de soi-disant Traité simplifié. Pourquoi n’a-t-on pas en France organisé un nouveau référendum ? Ce que le peuple vote ne peut être remis en cause que par le peuple. Pourquoi fait-on pression sur les Irlandais en leur demandant de revenir sur leur précédent vote ?
-    Une Europe forteresse, celle du refoulement aux frontières de dizaines de personnes poussées à quitter le pays par les guerres ou la misère, celle de la chasse aux étrangers, celle de la "directive de la honte".
-    Une Europe de la concurrence entre les pays, entre les entreprises, entre les salariés.
-    Une Europe de la peur, de la dérive sécuritaire, du fichage, du contrôle social. Les politiques sécuritaires, les fichiers comme Edvige, STIC et autres HERISSON, cela existe partout en Europe. C’est la généralisation de caméras de surveillance en Grande-Bretagne ou le fichier SCHENGEN. C’est à cause du fichier SCHENGEN que Marina Pétrella, dont j’ai partagé le combat, a été arrêtée.
-    Une Europe enfin de la régression sociale, du nivellement par le bas, des 65 heures de travail hebdomadaire, du dumping social, de la concurrence entre les salariés européens.

En France, Nicolas Sarkozy se coule dans ce moule et l’utilise tantôt comme repoussoir, tantôt comme faire valoir. Il refuse de changer de politique, de bloquer les licenciements et de remettre en cause le bouclier fiscal.

Féministe, altermondialiste, militante de l’égalité, de la citoyenneté et des droits, je me suis engagée avec le Front de Gauche, pour mieux défendre ces valeurs, ces combats qui sont les miens, qui sont les nôtres.

Je crois que le Front de Gauche est le mieux placé pour faire bouger les choses en refusant tant les compromis avec le libéralisme économique que les discours radicaux qui empêchent la gauche de se reconstruire et font donc le jeu de Nicolas Sarkozy. Comme s’il en avait besoin.

Je n’appartiens plus à aucun parti politique [depuis quelques années maintenant] mais j’ai toujours été et je reste une militante politique, et si j’ai accepté, volontairement et de mon plein gré, avec mes différences, de conduire la liste du Sud-Est, c’est pour qu’ensemble nous redonnions espoir au Peuple de gauche, qu’ensemble nous construisons une autre Europe : celle de la démocratie, de la paix, de la solidarité et de la justice sociale.

Le 7 juin, tous ensemble, j’en suis sûre, nous créerons la surprise, nous redonnerons l’espoir !