Crise : un Parlement sourd aux mobilisations

Publié le par Marie-Christine Vergiat

Rapport sur la crise financière, économique et sociale et les recommandations et initiatives à prendre

Strasbourg, le 20 octobre 2010
Le Parlement européen a adopté ce mercredi 20 octobre le rapport de sa commission spéciale sur la crise financière, économique et sociale. J'ai voté contre ce rapport, comme le groupe GUE/NGL, car les propositions contenues dans ce rapport sont assez surréalistes et ne tiennent nullement compte des mobilisations syndicales, sociales et citoyennes qui ont lieu depuis des mois dans les Etats membres de l'Union européenne contre les plans d'austérité et les mesures sociales et de casse des systèmes sociaux pour limiter les déficits budgétaires des Etats de l'UE.

 

Seule mesure positive de ce rapport, la demande d'adoption d'une "taxe Tobin", mais dont l'objet est d'améliorer le fonctionnement du marché en réduisant la spéculation (*).


Il ne parle pas non plus du rôle que l'économie sociale joue dans la crise économique et sociale actuelle, de sa contribution à amortir les effets de cette crise et des solutions qu'elle offre pour réorienter l'économie.
Il s'inscrit  même dans la contre-réforme des retraites proposée par Nicolas Sarkozy et son gouvernement que le mouvement social français combat et dénonce depuis des semaines maintenant (**).

Ce rapport continue donc de faire l'éloge du pacte de stabilité et des mesures et politiques (***) que nous dénonçons depuis des années et dont nos concitoyens mesurent l'échec depuis des années.
Il soutient les mesures de contrôle des budgets nationaux et de sanctions financières des déficits budgétaires par la Commission.

 

La très large majorité (501 voix pour) qui a voté pour ce rapport ne comprend rien et n'entend décidément rien aux messages des européens qui se mobilisent partout en Europe depuis des semaines contre les plans d'austérité et les contre-réformes qui les accompagnent.

Marie-Christine Vergiat

 

(*) paragraphe 63 du rapport : " recommande la mise en place d'une taxe sur les transactions financières, dont le produit améliorerait le fonctionnement du marché en réduisant la spéculation et en contribuant à financer les biens publics mondiaux et à diminuer les déficits publics; considère qu'une telle taxe devrait être établie sur la base la plus large possible, mais qu'à défaut, elle devrait être introduite dans un premier temps au niveau de l'Union européenne; invite la Commission à produire rapidement une étude de faisabilité intégrant la notion des conditions égales au niveau mondial et à présenter des propositions législatives concrètes dans les meilleurs délais;" ; l'amendement du groupe GUE/NGL a été rejeté.

 

(**) paragraphe 77 du rapport : " prend acte de ce que le grand krach éclaire d'un jour nouveau le défi démographique et celui du financement des retraites; considère que le financement des pensions ne peut être entièrement laissé au secteur public, mais doit reposer sur des systèmes à trois piliers, comprenant des régimes de retraite publics, professionnels et privés, dûment garantis par une réglementation et une surveillance spécifiques destinées à protéger les investisseurs; considère en outre que les retraites devront être réformées à l'échelle européenne pour contribuer à financer la solidarité intergénérationnelle; considère que l'allongement de la durée de vie soulève des questions transversales en termes d'organisation de la société qui n'ont pas été anticipées; "

 

(***) réduction des déficits et sanctions financières contre les déficits, baisse des salaires, diminution des allocations de protection sociale

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