TUNISIE : Bruxelles, le 23 octobre 2009 Comment osez vous encore soutenir monsieur Ben Ali ?

Publié le par Marie-Christine Vergiat

                                   

Communiqué du 22 octobre 2009

 

Dimanche auront lieu les élections présidentielles en Tunisie.

Nul besoin d’en attendre les résultats. Monsieur Ben Ali serait déçu s il n’obtenait pas un score tournant autour de 95 %. Il faut dire qu’il s’en donne les moyens. Il est en effet en campagne depuis 3 ans, date à laquelle de très nombreuses associations, dont il n’y aucune raison de douter de l’indépendance, lui ont conjuré de se représenter pour poursuivre son œuvre grandiose et avant-gardiste et continuer à travailler au bonheur des Tunisiens.

Autrement dit, une campagne toute en nuances et qu’il serait malséant de comparer aux régimes des pays de l’Est avant la chute du mur de Berlin.

Pourtant, la vérité est tout autre comme en témoigne le triste sort réservées aux 38 personnes torturées, emprisonnées et condamnées à de lourdes peines durant le procès de Gafsa en février dernier, alors qu’elles étaient accusées d’avoir mené le mouvement de protestation sociale sans précédent qui avait secoué la Tunisie en 2008.

Ce mouvement social contre le chômage et les conditions de vie déplorables dans le bassin minier de Gafsa est pourtant significatif de l’évolution du régime tunisien. En effet, les atteintes aux droits civils et politiques en Tunisie qui touchent depuis toujours les défenseurs des droits de l’Homme et plus largement l’ensemble des opposants au régime tunisien ont souvent été justifiées en Europe par le fait que la Tunisie était le pays d’Afrique du Nord qui s’en sortait le mieux sur le plan économique, comme si ceci pouvait justifier cela.

Mercredi, Radhia Nasraoui, présidente de l’ATLT (Association Tunisienne de Lutte contre la Torture) s’est vue, une nouvelle fois, interdite de quitter le territoire tunisien alors qu’elle venait témoigner à Strasbourg, au Parlement européen, de cette lutte et de la souffrance de ces femmes et de ces hommes.

Pendant combien de temps encore, l’Union européenne, et plus particulièrement le gouvernement français seront ils les complices de ce régime par leur silence. Quand appliquerons-nous partout avec la même rigueur la clause des droits de l’Homme contenue dans les accords d’association et de partenariat. Une nouvelle fois, il y a un long chemin à parcourir entre les discours et les actes. Puisse l’annonce des résultats des élections en Tunisie être l’occasion de lever un nouveau morceau du voile de ce silence.

Publié dans Tunisie-Gafsa

Commenter cet article

arfa sihem 24/10/2009 17:52


permetez-moi Mme Marie-Christine Vergiatvous parlez de chômage en Tunisie et vous citez Gafsa.Aujourd'hui ma ville accueille plus de prometteur qu'à Paris.vous évoquez les droits de l'homme
êtes-vous payée autant que votre collègue mâle? moi si!donc commensez par revendiquer vos droits...


Marie-Christine Vergiat 28/11/2009 03:01


J'ai l'habitude de respecter les personnes avec qui je dialogue

Je n'aime ce type de propos et rassurez vous les parlementaires reçoivent les mêmes indemnités quelle que soit leur sexe.
je suis sure aussi que militante des droits de l'Homme, je préfère vivre en France.

Et je vis heureusement dans un pays où les journalistes ne sont pas condamnés à 6 mois de prison parce qu'ils ont osé critiqué le chef de l'etat pendant la campagne présidentielles.

Nier la réalité ne fais guère avancer le débat