Solidarité avec Stéphane Hessel, Alima Boumediene-Thiery et toutes les victimes de la répression

Publié le par Marie-Christine Vergiat

Solidarité avec Stéphane Hessel, Alima Boumediene-Thiery et toutes les victimes de la répression

Le 11 octobre, j'étais présente à la conférence de presse de la ligue des droits de l'Homme afin de manifester toute ma solidarité à l'égard d'Alima Boumediene-Thiery et Stéphane Hessel. Poursuivre un ou une élue parlementaire est particulièrement significatif de la régression démocratique que connait actuellement notre pays où de plus en plus de militants sont poursuivis.

Au cours de cette conférence de presse, j'ai dit ma solidarité avec tous ceux et toutes celles qui sont poursuivis dans ce cadre.
L'attitude du gouvernement français n'est malheureusement pas sans rappeller celle du gouvernement israélien qui met actuellement en place un véritable arsenal législatif pour poursuivre tous ceux et toutes celles qui osent encore dire ce qui se passe dans les territoires palestiniens. Nous nous battrons contre celà en France comme en Israël, puisqu'avec la GUE-NGL et les verts au Parlement européen nous soutenons la candidature de l'association Breaking the Silence pour le prix Sakharov (décerné tout les ans par le Parlement européen aux défendeurs des droits de l'Homme). Cette organisation a été créée en 2004 par d'anciens combattants israéliens pour permettre aux soldats israéliens de témoigner de leur service dans les territoires occupés en toute confidentialité. L'association à largement contribué au rapport Goldstone, et son financement par des pays de l'Union européenne est aujourd'hui remis en cause par le gouvernement israélien.

 

Mais la démocratie n'est pas en danger qu'en Israel si le gouvernement français incrimine les associations et les élus qui s'élevent pacifiquement contre les atteintes à la démocratie. 

 

Communiqué de la LDH publié le lundi 11 octobre 2010

 

Bordeaux, Mulhouse, Perpignan, Pontoise… : en ce mois d’octobre, des hommes et des femmes sont poursuivis pour « provocation publique à la discrimination » - y compris une sénatrice de la République, Alima Boumediene-Thiery. Ailleurs, d’autres sont convoqués par les préfectures et menacés de procès du même type. Un ancien commissaire de police prétend même poursuivre... Stéphane Hessel, grand résistant, co-rédacteur de la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948 et ambassadeur de France !Tous risqueraient jusqu’à 45 000 euros d’amende et trois ans de prison suivant la qualification des poursuites … Quel crime ont donc commis ces citoyens, connus et inconnus, pour mériter une accusation aussi infamante et encourir des peines aussi lourdes ? S’être dressés contre l’occupation et la colonisation de la Palestine par Israël, et notamment contre les « crimes de guerre » voire « contre l’Humanité » que le rapport Goldstone accuse son armée – et, dans une proportion nettement moindre, des groupes armés palestiniens - d’avoir perpétrés pendant la guerre de 2008-2009 contre la bande de Gaza. S’être révoltés contre l’impunité dont jouit un État qui viole pourtant ouvertement le droit international et les résolutions des Nations unies. Et avoir décidé de prendre leurs responsabilités en appelant eux-mêmes au boycott, au désinvestissement et aux sanctions contre cette politique condamnée par la grande majorité des opinions française, européenne et mondiale.

Pour présenter, contre toute évidence, cette action citoyenne comme raciste, il aura fallu que la ministre de la Justice s’abaisse à inventer, en février 2010, un « boycott des produits casher » qu’aucun dirigeant, aucun groupe, aucun militant du mouvement de solidarité pour une paix juste et durable au Proche-Orient n’a jamais prôné. Puis qu’elle exige des Parquets qu’ils poursuivent les militant-e-s pour « provocation publique à la discrimination ». Et celle qui diffame et menace ainsi des innocents appartient à un gouvernement qui, toute honte bue, non seulement stigmatise une communauté entière en raison de son origine ethnique, mais expulse illégalement de la « patrie des Droits de l’homme », sur cette base, des milliers de ressortissants d’Etats membres de l’Union européenne.

C’est pourquoi nous disons à Michèle Alliot-Marie : « Pas ça et pas vous ! ». Certains d’entre nous appellent au boycott de tous les produits israéliens ; d’autres « ciblent » les seuls produits des colonies israéliennes ; d’autres encore choisissent des formes d’action différentes. Mais nous sommes tous unis pour refuser catégoriquement que les militant-e-s de la campagne internationale Boycott-Désinvestissement-Sanctions (BDS) soient accusés et jugés pour « provocation publique à la discrimination » alors qu’au contraire ils combattent contre toute forme de discrimination, pour le droit de tous les peuples à l’autodétermination, pour l’application à tous les États du droit international et des sanctions prévues lorsqu’ils le bafouent. Tous ensemble, nous exigeons, à la fois au nom du droit international et des libertés : le retrait immédiat des directives envoyées par la ministre de la Justice et son administration aux Parquets et la relaxe immédiate de ces innocents. Honneur à celles et ceux qui font leur le combat pour la justice et la paix que les autorités françaises ont trahi.

Paris, le 10 octobre 2010.

 

Pour plus d'informations :

le dossier de presse

Article sur El Watan.com "La sénatrice Alima Boumédiène-Thiery devant la justice"

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