Répression en Guinee : la majorité conservatrice du PE refuse les sanctions économiques

Publié le par Marie-Christine Vergiat

                                   

Communiqué du 23 octobre 2009

 

Apres trois semaines de bataille parlementaire, le PE vient enfin d'adopter une résolution condamnant la répression de la manifestation pacifiste de la société civile guinéenne du 28 septembre dernier.

Depuis cette date, les Guinéens, qui demandent seulement à Dadis Camara de respecter sa parole, en appelle à la Communauté internationale. Si l'on peut se féliciter de voir enfin le PE rejoindre le concert des Nations dans sa condamnation de la junte, on ne peut qu'être amer de voir les Conservateurs et la droite extrême refuser explicitement de demander la suspension de l'accord de pêche ente l'UE et la Guinée.

Cette attitude est d'autant plus regrettable que, lors du débat, le commissaire Orban a clairement indiqué que l'UE ne verserait aucun fonds à la Guinée tant que la démocratie n'y serait pas établie en application des accords de Cotonou (ce qui est une grande première).

Nous sommes donc là, une fois encore, dans le refus de demander des sanctions économiques vis à vis des Etats qui bafouent les droits de l'Homme.

Ceci est d'autant plus inadmissible que l'on sait que le gouvernement guinéen est un des plus corrompus d'Afrique selon le classement de Transparency international.

Une nouvelle fois, les intérêts économiques des puissances occidentales passent avant la condamnation d'atteintes particulièrement graves aux droits de l'Homme touchant les populations civiles et notamment les femmes, les journalistes, les défenseurs de la démoratie et des droits de l'Homme.

Une nouvelle fois, c'est le modèle universel des droits de l'Homme qui est bafoué. Un symbole le jour même où le PE décerne le prix Sakaroff..

 

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