Rapport sur la crise financière, économique et sociale : Nous refusons les vaines polémiques

Publié le par Marie-Christine Vergiat

 

Le 3 novembre 2010

 

Le vote du rapport de Pervenche Bérès sur la crise financière, économique et sociale semble soulever quelques vaines polémiques. Ce rapport a été adopté par une très large majorité (501 voix pour -socialistes et verts compris-, 67 contre et 50 abstentions). Le groupe GUE/NGL a voté contre ce rapport sans le moindre état d’âme dès lors que celui-ci est une caricature de tout ce que nous dénonçons sur l’absence d’alternative politique crédible au sein des instances européennes.



Pire, alors que les mobilisations sociales se développent partout en Europe, il soutient la nécessité des politiques d’austérité, le fameux pacte de stabilité qui limite les dépenses publiques et la mise en place de mécanisme de sanctions pour les Etats qui ne respectent pas ledit pacte, l’achèvement du Marché intérieur alors que l’on connaît les conséquences dramatiques des libéralisations qui en résultent notamment dans les services publics et que l’on refuse d’en faire la moindre évaluation, le contrôle des budgets nationaux par la Commission européenne. Il va même jusqu’à appeler à la mise en place de « marchés du travail » qui « offrent plus de souplesse aux employeurs » et à remettre en cause les retraites par répartition en considérant sans nuances que « le financement des pensions ne peut plus être entièrement laissé au secteur public » et doit désormais reposer sur des systèmes de retraite à trois piliers (public, professionnel et privé). Comment dire mieux qu’il faut tirer un trait sur la répartition au profit de la capitalisation !



Loin d’être totalement négative dans son approche, la GUE/NGL a tenu a voté les rares amendements qui allaient dans le bon sens et notamment celui sur la taxation des transactions financières bien que celle-ci soit bien timide par rapport à ce qui mériterait d’être voté pour tirer les leçons de la crise.

Globalement, ce rapport est donc mauvais et poursuit toujours la même logique. Nous l’avons dit et cela semble avoir irrité certains députés verts et socialistes. C’est bien dommage mais qu’ils assument donc la réalité de leur vote.

La lecture du rapport parle d’elle-même. Que ceux et celles qui ont des doutes aillent le lire. Ils y verront notamment qu’en dehors de quelques constats évidents dont on ne tire aucune conséquence, une absence quasi-totale des questions sociales qui, à elle seule, vaut tous les argumentaires.



A la GUE/NGL, nous ne nous renions pas lors de nos votes et nous en sommes fiers. Nous considérons que les conséquences sociales de la crise financière sont dramatiques et que loin de chercher à éviter de nouvelles crises « systémiques » comme ils disent, ce rapport continue de vouloir faire payer aux seuls travailleurs les conséquences d’une crise dont ils ne sont en rien responsables.



Nous n’oublions pas qu’au cours des 30 dernières années les écarts de revenus se sont considérablement aggravés au détriment des salaires (ce que souligne d’ailleurs le rapport mais sans en tirer la moindre conséquence) et nous considérons qu’il est temps de regarder les choses en face et de proposer des mesures qui permettent enfin une autre répartition des richesses. Ce rapport ne fait aucunement avancer les choses en ce sens et nous ne pouvons que le regretter.



Marie-Christine Vergiat

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