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Pour un vrai débat pour une autre PAC !

Les débats sur la PAC reste une question centrale au Parlement européen, notament au moment de la discussion du budget. Je vous invite à lire l'intervention de mon collègue Patrick Le Hyaric qui insiste sur la necessité d'affecter des moyens financiers aux objectifs annoncés.

Publié le 23 novembre 2010 par Patrick Le Hyaric

 

Le commissaire européen chargé de l’agriculture et du développement rural a présenté jeudi dernier au Parlement européen un document d’orientation sur le futur de la Politique agricole commune, après un appel à contributions qu’il a lancé depuis plusieurs mois.

 

Ce texte d’orientation comporte des objectifs que l’on peut partager pour les avoir défendus ici même depuis longtemps. Remarquons que tous les textes de cette nature développent, depuis 1957, des objectifs ou des valeurs, comme ceux de la sécurité alimentaire, la valorisation des territoires ou la préservation des ressources naturelles et même de l’amélioration des conditions de vie des agriculteurs. La réalité les contredit en permanence depuis le fondement de la PAC. Le document de la Commission comporte aussi des axes plus concrets qui peuvent être des points d’appui pour les agriculteurs, les consommateurs et tous les citoyens européens.

Ainsi le commissaire européen insiste sur le nécessaire plafonnement des aides publiques, sur leur ciblage aux producteurs agricoles, avec la notion « d’agriculteur actif », à l’opposé des subventions que reçoivent le Prince de Monaco ou la reine d’Angleterre. La mise en place d’un mécanisme d’aides incitatives, dès lors qu’on valorise l’environnement, comme l’idée d’aider mieux les petites exploitations ou encore le projet de cibler les aides au plus près des territoires, seraient également à soutenir.

 

Ce texte comporte donc des éléments de réorientation. Malheureusement, il ne dit rien sur les moyens financiers affectés à ces politiques et notamment sur le fait de savoir si le budget sera au moins maintenu.

Il ne comporte pas plus de dispositions visant la protection de notre agriculture des importations abusives qui la détruisent. D’ailleurs cette nouvelle réforme se fait dans le cadre de négociations de l’Organisation mondiale du commerce et d’accords bilatéraux inquiétants pour nos productions et pour les agriculteurs qui voient, de ce fait, les prix s’effondrer. Aucun mécanisme comparable au système de préférence communautaire n’est envisagé parce que le traité de Lisbonne prône le « marché ouvert ».

 

Or, il est impossible dans ce cadre, sans protections nouvelles, de maintenir des prix de base rémunérateurs et de défendre nos productions de qualité, donc nos territoires. A cela s’ajoute la concurrence déloyale qui s’installe avec la dévaluation du dollar par rapport à l’Euro qui favorise encore les importations abusives à bas coûts.

Le document insiste sur l’idée d’une agriculture plus respectueuse de l’environnement. Mais les importations reviennent à augmenter la production de gaz à effet de serre avec les transports ou l’intensification des productions en Amérique ou dans le sud-est asiatique. Aucun plan protéines n’est envisagé alors que ceci est plus indispensable que jamais, au moment où l’Union européenne importe 75% de ses protéines végétales.

 

S’agissant de la rémunération du travail, le document maintient l’idée de filet de sécurité ou vaguement celle « d’instrument d’intervention », mais aucun mécanisme de garantie de prix minima n’est mis en débat. Pire ! La combinaison des effets d’un « marché ouvert » et celle par exemple de la suppression des quotas laitiers, aboutit forcément à une baisse des prix, au profit des seuls secteurs industriels, en aval de la production agricole. D’ailleurs la communication de la commission n’évoque pas l’enjeu de la répartition de la valeur ajoutée dans la filière agro-alimentaire. Il est tout aussi muet sur la nécessité de lancer des initiatives conjointes : Union européenne – Etats pour l’installation de jeunes agriculteurs et le développement de l’emploi agricole et rural.

 

Nous ne négligeons pas les tentatives d’inflexions qui peuvent servir de points d’appui, mais, fondamentalement, nos concitoyens, les syndicats, associations, forces progressistes doivent se mobiliser pour sortir des carcans imposés par une Europe ultralibérale.

Mardi 23 novembre 2010 2 23 /11 /Nov /2010 09:53
- Par Marie-Christine Vergiat
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  • Marie-Christine Vergiat
  • Coordinatrice de la Délégation FDG-GUE/NGL,Trésorière du groupe GUE/NGL,Membre des commissions Culture & Éducation,Droits de l'Homme,Libertés civiles,justice & affaires intérieures,délégations Maghreb,EUROMED & ACP

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Née à Roanne en 1956, je suis mariée et mère d’un fils de 11 ans.

Titulaire d’une maîtrise de Droit public et d’un DEA d’Histoire du droit, j'ai été membre du Parti Socialiste pendant 25 ans et ai travaillé au Groupe Socialiste à l’Assemblée Nationale de 1983 à 1997. J'ai ensuite travaillé jusqu'à mon élection comme agent contractuelle au Ministère des Affaires sociales au sein de la Délégation interministérielle à l'innovation, à l'expérimentation sociale et à l'économie sociale où j'ai exercé notamment les fonctions d'adjointe au Délégué et ai assuré la veille juridique et européenne.

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