Politique européenne de voisinage : la vie réelle des peuples doit primer sur le "réalisme économique"

Publié le par Marie-Christine Vergiat

Le débat en plénière sur la politique européenne de voisinage permet d'en dresser le bilan. Pour la Commission, pas de surprise, "le bilan est globalement positif". C'est d'ailleurs vrai au regard des priorités de ceux et celles qui gouvernent aujourd'hui l'Europe. Pour ceux-ci, tout va bien, les échanges économiques se développent. L'essentiel est donc préservé !

 

La Commission exprime bien quelques regrets en matière sociale, de démocratie ou de droits de l'Homme mais uniquement pour dire que les insuffisances en ce domaine constituent un frein en matière de développement économique et, je cite, "qu'il est admis que la cohésion sociale prédispose à un meilleur climat des affaires". (*)

Ces propos sont très révélateurs de ce que l'Union européenne cherche aujourd'hui à imposer à ses proches voisins. Mais qu'en est-il pour les hommes et les femmes qui vivent sur le territoire des pays concernés.

L'UE devrait accorder autant de poids à leurs paroles qu'à ceux qui les oppriment. Mais l'on ne peut demander à ces pays d'être les gendarmes de l'Europe et imposer à ces exécuteurs de bases œuvres le respect des droits de l'Homme sans se préoccuper du sort des hommes et des femmes bloqués ainsi à nos frontières.

L'UE devrait au contraire profiter de son poids et de son rôle dans le monde pour peser sur des situations inacceptables, comme celles en Tunisie ou en Lybie, ou des conflits qui durent, comme entre Israël et la Palestine ou encore au Sahara occidental.

 

Nos concitoyens, comme de plus en plus de citoyens de ces pays, ont de plus en plus de mal à se reconnaître dans cette Europe et la délaissent de plus en plus à chaque élection, quand ils ne se réfugient pas dans des votes extrêmes.

 

L'Europe et les gouvernements des Etats membres doivent cesser de privilégier leurs intérêts économiques et sécuritaires au respect de la démocratie et des droits de l'Homme. L'UE doit changer son fusil d'épaule, sinon il ne faut pas s'étonner de voir l'universalisme des droits de l'Homme considéré comme une forme de néo-colonialisme et la volonté d'imposer un soi-disant modèle occidental.

 

 

(*) cf. Bilan de la politique européenne de voisinage, communication de la Commission au Parlement européen et au Conseil (COM(2010) 207), p. 9

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