Patrick Le Hyaric sur la crise dans le secteur laitier

Publié le par Marie-Christine Vergiat

Ci-dessous, l'intervention de Patrick Le Hyaric sur la crise du secteur laitier lors de la session du mardi 20 octobre.

Intervention de Patrick Le Hyaric, vice-président du groupe GUE/NGL






Je suis obligé de vous dire, Madame la Commissaire, que les dispositions financières proposées ne sont qu'une petite goutte d'eau dans un océan de crise, et de désespérance.
 
D'abord, pourquoi n'annoncez-vous que 280 millions d'euros d'aides aujourd'hui, alors qu'il avait été question de 600 millions d'euros? Vous répondez que vous êtes limité par le budget, que vous êtes tenue par la discipline financière. Mais comment expliquer alors qu'on ait trouvé autant de milliards qu'on a voulu, pour venir en aide aux banques qui aujourd'hui regorgent de profit et qu'on laisse les petits et les moyens paysans aller à la faillite et la ruine.
 
Mesurez vous le ridicule de la proposition. Vous allez donner en une fois 600 à 1000 euros à des paysans qui perdent 100 à 200 euros par jour! Nous demandons un vrai plan financier d'urgence, pas un sparadrap pour traiter un cancer.
 
D'autre part, Vous voulez utiliser l'argent public, pour un vaste plan d'abatage de vaches laitières et de fermetures de fermes. Ainsi vous allez détruire l'avenir de nos agriculteurs car ce sont les jeunes qui seront les plus touchés, les plus petits agriculteurs, les plus fragiles, ceux qui valorisent les territoires, produisent des produits laitiers et de fromages de qualité, préservent l'environnement.
 
Comment oser proposer cela, quand tant de familles en Europe et ailleurs n'ont pas accès à l'alimentation, notamment au lait.
 
Demain avec votre plan on manquera de lait.
 
Enfin au moment même où la Commission, le Conseil, et d'autres nous expliquent que le Traité de Lisbonne va permettre la codécision entre le Parlement et la Commission, vous nous demandez avec l'article 186 du règlement de vous donner les pleins pouvoirs.
 
Or, ce sont les choix fondamentaux de votre commission qui sont responsables de la terrible crise actuelle avec la libéralisation des quotas et le refus de la mise en place d'un prix intra-communautaire de base qui ne profite qu'aux industriels et la distribution.
 
Même la Cour des comptes européennes montre que de 2000 à 2007 les prix à la consommation des produits laitiers ont augmenté de 17% pendant que les prix à la production diminuait de 6%.
 
Madame la Commissaire, il est urgent, très urgent, d'aider massivement le travail agricole par un grand fond européen d'urgence et de revenir à une politique de prix minima, et de ne pas laisser le marché capitaliste détruire nos agricultures, quand la famine étend ses terribles ravages dans le monde.

Commenter cet article