Parlement européen: la fin des visas court-séjour entre l'UE et six pays de la Caraïbe et de l'océan indien

Publié le par Marie-Christine Vergiat

Simon Busuttil, député maltais du PPE, était le rapporteur des accords entre la CE et six pays-tiers qui prévoient un régime de déplacement sans obligation de visa court-séjour (d'une durée maximale de trois mois au cours d'une période de six mois) pour les citoyens de l'Union européenne et pour les ressortissants de ces pays qui se rendent sur le territoire de l'autre partie : le Maurice, la Barbade, l’Antigua-et-Barbuda, les Seychelles, les Bahamas et St Christophe-et-Nevis. L'exemption de visa concerne toutes les catégories de personnes voyageant pour quelque motif que ce soit, hormis l'exercice d'une activité rémunérée.

Pourtant, dans le cas de la France et les Pays-Bas (mais pas dans celui du Portugal), l'exemption de visa limitera le séjour des ressortissants des six pays concernés au seul territoire européen, ce qui exclut de ces accords les territoires français ultramarins.


Les six textes ont été adoptés par la grande majorité des députés européens lors de la session plénière à Strasbourg, le mardi 20 octobre.

 

Ci-dessous, mon intervention sur le sujet (débat du lundi 19 octobre).

 

 






Le groupe GUE/NGL se prononce en faveur de ces accords de l’UE avec ces Etats qui sont, relevons-le, autant de destinations de rêve : Maurice, la Barbade, St Christophe et Nevis, les Bahamas, Antigua et Barbuda, les Seychelles.

Par ces accords, les ressortissants de ces 6 pays, et réciproquement ceux de l’UE, seront à l’avenir exemptés de visas de court séjour, du moins certains d’eux, puisque en sont exclus ceux qui viennent exercer une profession ou activité rémunérée en tant que salarié ou prestataire de services. Ce qui veut dire que les personnes exemptées de visas seront les femmes et les hommes d’affaire, les sportifs, les artistes, les journalistes et les stagiaires.

Ne faisons pas la fine bouche et félicitons-nous de cette avancée. Car on connait les tracasseries administratives dans nos ambassades pour la délivrance des visas pour les ressortissants du Sud. Je suis sure, mes cher(e)s collègues, que vous avez tous et toutes été saisi(e)s de cas d’artistes que l’on empêche de venir à un festival ou de sportifs qui ne peuvent participer à des compétitions.

A la GUE/NGL, nous sommes favorables à la suppression de tous les visas de court séjour car ils sont contraires à la libre circulation des personnes et font entrer les ressortissants de ces pays à une spirale infernale qui les incite à demander des visas de court séjour et une fois ces visas obtenus à ne plus repartir de peur de ne plus pouvoir obtenir un autre visa.

Moyennant quoi, dans nos pays, on ne cesse de serrer la visse pour la délivrance des visas. Ceci conduit même à de vraies ruptures familiales entre les migrants qui vivent dans nos pays et leurs familles restées dans leur pays d’origine.

Nous considérons donc que ces accords sont un pas positif dans le sens d’une autre politique migratoire qui verrait les hommes et les femmes circuler tout aussi librement que les capitaux et les marchandises.

Nous avons une petite interrogation technique car nous avons remarqué que le terme anglais ’valid passport" était traduit en français par "passeport ordinaire" et nous pensons que ce n’est pas la même chose. Nous serions donc ravis d’avoir une précision sur ce point estimant que la traduction exacte serait "passeport en cours de validité".

Nous nous étonnons aussi que ces accords ne s’appliquent pas aux territoires ultramarins de la France alors qu’ils s’appliquent à ceux du Portugal.

Commenter cet article