Pakistan : Le Parlement européen perd une occasion de mettre en cohérence ses discours et ses actes sur les droits de l'Homme

Publié le par Marie-Christine Vergiat

Strasbourg, 21/09/10 

  

C'est la première fois que le Parlement européen depuis l'entrée en vigueur du Traité de Lisbonne votait sur un accord de réadmission. Ces accords sont symboliques de la réalité des politiques vis à vis des migrants en Europe, c'est-à-dire celles qui construisent une Europe forteresse, qui conduisent l'Union européenne à se replier sur elle-même et chassent des dizaines d'hommes, de femmes et d'enfants, qui poussés par la misère et la guerre cherchent à se réfugier sur notre territoire.

Avec le Traité de Lisbonne, le Parlement européen devient co-législateur dans de nombreux domaines. Il dispose désormais d'outils pour contraindre le Conseil et la Commission à traduire dans les actes de l'Union les discours sur les droits de l'Homme.

L'accord qui nous a été soumis présente pour le moins de nombreuses lacunes et ambiguïtés et surtout ne comporte aucune garantie sur la situation des personnes qui seront renvoyées dans ce pays, dont de nombreux afghans : or, nous savons très bien ce qu'il en est du respect des droits de l'Homme au Pakistan qui n'est même pas signataire de la convention de Genève de 1951.

Le groupe GUE-NGL aurait à tout le moins souhaité une évaluation des accords de réadmission existants car celle-ci aurait mis en lumière les effets dévastateurs de ces politiques qui méprisent les êtres humains qui n'ont pas eu la chance de naitre sur le territoire de l'Union.

Le Parlement européen ne sort pas grandi par ce vote. Il a aujourd'hui perdu l'occasion de faire entendre sa voix sur la mise en œuvre effective des discours sur les droits de l'Homme.

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