Non aux produits des camps laogaï en Europe

Publié le par Marie-Christine Vergiat

 

En séance plénière du Parlement européen à Strasbourg nous avons abordé la question des camps laogaï, ces camps de travail pour les prisonniers chinois. Voici le texte de mon intervention.

 

Monsieur le Président, nous savons toutes et tous ce qu'il en est de la situation de la démocratie et des droits de l'Homme en Chine. Nous venons de parler de la politique européenne de voisinage. Dans les deux cas, un point commun : le réalisme économique prévaut.

 

La Chine est, d'abord et avant tout, pour ceux et celles qui gouvernent l'Europe, un grand marché. Il ne faut donc pas contrarier les autorités chinoises car elles pourraient nous fermer leurs frontières. Et peu importe que la répression politique soit toujours la même. Moi je n'ai pas oublié les victimes de la place Tian'anmen. Je n'oublie pas tous ceux qui croupissent en prison, dans des camps de travail, voire paient de leur vie leur combat pour la démocratie et les droits de l'Homme.

 

Alors, oui, le système laogaï est un terrible symbole de ce qui se passe en Chine. Vous nous avez dit que la Commission était attachée aux droits de l'Homme. Alors, Monsieur le Commissaire, ne vous cachez pas derrière des considérations techniques ! Ne vous contentez plus de discourir avec le gouvernement chinois ! Vous savez bien comment le gouvernement chinois entend vos propos. Pour lui, les discussions en ce domaine sont des passages obligés.

 

Votre intervention préliminaire ne répond guère aux questions de mes collègues. Vous n'avez effectivement rien dit de concret, et ne vous cachez pas derrière le fait qu'il existe des camps de travail dans d'autres pays ! La Chine se modernise, nous dites-vous. Moi, je dirais : cela dépend pour qui.

 

Je ne suis pas une proaméricaine, tant s'en faut. Mais il me semble, en l'occurrence, que faire à tout le moins ce que font les États-Unis serait un minimum. En matière de sécurité et de soi-disant lutte contre le terrorisme, nous savons coopérer avec les États-Unis, y compris au mépris des droits des citoyens européens. Pourquoi l'Union européenne n'est‑elle pas capable de faire la même chose quand il s'agit de faire respecter les droits de l'Homme?

 

Monsieur le Commissaire, quand l'Union européenne interdira-t-elle l'exportation des produits des camps laogaï?

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