Mon interview à La Marseillaise à l'occasion du premier anniversaire de mon élection au PE

Publié le par Marie-Christine Vergiat

Le 27 mai, je me suis retrouvée à Marseille parmi mes ami(e)s du Front de Gauche à l'occasion du premier anniversaire de mon élection au Parlement européen. Ci-après mon interview à La Marseillaise faisant un bilan de cette première année d'activités de parlementaire européenne.

 


 

La Marseillaise. Quelle est la raison de votre présence à Marseille hier ?

Marie-Christine Vergiat. A l’occasion du premier anniversaire de mon élection au parlement européen(*), j’ai souhaité rencontrer mes amis du Front de Gauche pour faire le bilan de cette année de mandature. Cette journée m’a permis de participer, à Marseille, à la mobilisation sur les retraites ainsi qu’au passage de la marche des sans-papiers.

La Marseillaise. Votre appréciation après un an d’activité ?

Marie-Christine Vergiat. Elle est contrastée. C’est une formidable expérience d’apprentissage de la diversité européenne, avec une structuration par courants politiques et par pays, et aussi de la façon dont on peut participer à la construction européenne. Le parlement européen est un endroit compliqué qui ne ressemble pas aux parlements nationaux.

La Marseillaise. Malgré cela, des satisfactions ?

Marie-Christine Vergiat. On peut arriver à faire passer des choses lorsqu’on travaille vraiment sur les questions. Lors du rapport sur l’éducation et la formation nous avons réussi à faire passer des amendements sur la prise en compte de l’économie sociale.

Le parlement européen est aussi le lieu où se met en œuvre le Traité de Lisbonne. Je n’en suis pas une adepte évidemment mais il y a des questions à travailler comme, du point de vue institutionnel, le renforcement des prérogatives du parlement, qui est la seule structure démocratique de l’Europe.

C’est aussi le cas concernant l’affaire Swift(**). Nous avons tout de même fait reculer le conseil européen et le gouvernement américain pour que le droit européen puisse être pris en compte.

La Marseillaise. Le rapport de force n’est pourtant pas en votre faveur ?

Marie-Christine Vergiat. Il est en effet frustrant pour nous d’être si peu nombreux, 35 députés sur 738(***), ce qui nous met en difficulté sur des batailles, que nous menons cependant avec force, tel le fait que les universités ne doivent pas être aux services des entreprises alors que c’est un socle de savoirs fondamentaux qui sera le plus utile pour les étudiants dans leur vie professionnelle.

La Marseillaise. Cette configuration est pourtant faite pour durer ?

Marie-Christine Vergiat. J’ai un mandat de cinq ans et j’ai donc encore quatre années de travail devant moi, mais ce qui me frappe c’est que les uns et les autres nous sommes assez démunis par rapport aux enjeux économiques notamment, car il n’y a pas dans ce parlement de grands groupes politiques pour mettre en avant une alternative politique. Et nous voyons bien que les gouvernements préconisent le même système pour soi-disant répondre à la crise financière, à savoir taper sur les peuples, les salariés, les retraites, avec des plans d’austérité sans se préoccuper de l’intérêt des citoyens européens.

Propos recueillis par Michel Del Picchia (La Marseillaise, le 28 mai 2010)

(*) Marie-Christine Vergiat a été élue du Front de Gauche le 7juin 2009 dans la circonscription Grand Sud-Est.

(**) Le Conseil de l’Union européenne a signé un accord entre l’Union européenne et les États-Unis sur le traitement et le transfert de données de messagerie financière de l’Union européenne aux États-Unis aux fins du programme de surveillance du financement du terrorisme.

(***) Groupe confédéral de la Gauche unitaire européenne-Gauche verte nordique (GUE-NGL).

 

« Des comptes a rendre »

« Depuis le 7 juin 2009 je suis obsédée par les 170 000 électeurs qui ont mis un bulletin avec mon nom sous l’égide du Front de Gauche », se confie Marie-Christine Vergiat.

Et ce constat, qui n’a rien d’un égocentrisme qui ne colle pas avec le personnage, l’amène à se répéter qu’elle « a des comptes à rendre à ces électeurs ».

Ce qu’elle fait en multipliant les allers et venues entre le parlement européen et ce fameux « Grand Sud-Est » qui s’étend de la Corse aux confins de l’Ain en passant par les départements méditerranéens et la région Rhône-Alpes.

Au parlement européen, Marie-Christine Vergiat cumule les responsabilités de coordinatrice de la délégation française du Front de Gauche et de trésorière du Groupe GUE/NGL.

Elle travaille dans la commission « Culture et éducation » et dans la sous-commission « Droits de l’homme » (Hors UE) de la commission des Affaires étrangères.

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