Mon intervention sur le rapport annuel de la BCE pour 2008

Publié le par Marie-Christine Vergiat

Lors de la session plénière à Bruxelles les 24 et 25 mars 2010, le débat est lancé sur le rapport annuel de la BCE (Banque centrale européenne) pour 2008 [rapporteur Edward Scicluna, S&D/ Malte] qui est d'une grande importance pour la Grèce et le reste des dits PIGS (Portugal, Italie et Espagne), pays qui subissent d'une façon dramatique la dernière crise économique et sociale.

Le groupe GUE/NGL a voté contre ce rapport qui a été pourtant adopté par les parlementaires européens.

Ci-après mon intervention en séance plénière.




Session Plénière du 25 mars 2010

Bruxelles

 

Rapport annuel 2008 de la BCE

 

Intervention de Marie-Christine Vergiat

 

J'ai lu le rapport avec un certain étonnement et les interventions que j'ai entendues ce matin ne font que le renforcer.

A quelques exceptions, il est toujours question de restrictions budgétaires, de contenir l'inflation et le pacte de stabilité alors que 20 pays sur 27 ne répondent plus à ces critères.

Beaucoup réclament un gouvernement économique. Certes, mais nous, nous voulons une Europe politique qui assure la maîtrise de ses choix économiques et sociaux et qui puissent intervenir sur les choix monétaires.

La crise grecque est révélatrice.

C'est l'Allemagne qui a la main, qui impose ces exigences pour que l'euro reste d'abord et avant tout au service de ses intérêts nationaux.

Aux Etats-Unis, la banque centrale vient d'intervenir directement pour financer le budget de l'Etat en achetant des bons du Trésor.

En Europe, la Banque centrale européenne a volé au secours des banques mais reste muette vis-à-vis de la Grèce et plus généralement des "PIGS" (*).

Ce sont toujours les mêmes qui doivent payer : les salariés, les fonctionnaires, les retraites, alors que leurs pays ont été y compris victimes de la spéculation.

Ce n'est pas de réformettes dont nous avons besoin, c'est d'une autre Europe, d'une Europe économique, sociale au service du plus grand nombre et non de quelques-uns.

Vous avez raison, M Trichet, il faut que la politique monétaire tienne compte des besoins de l'économie réelle, mais tel n'est pas le cas aujourd'hui.

Les choix économiques, financiers, monétaires ne peuvent plus se faire indépendamment de leurs conséquences sociales.

C'est ainsi que nous éviterons les dérives populistes et que nous redonnerons confiance à nos concitoyens et que nous leur redonnerons espoir dans la construction européenne.


(*) Portugal, Italie, Grèce et Espagne (Spain en anglais)

 

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