Mon discours à l'inauguration du pôle culturel de Firminy

Publié le par Marie-Christine Vergiat

Le 7 novembre 2009, j'étais présente à l'inauguration du pôle culturel à Firminy, cofinancé par les FEDER (Fonds européen de développement régional). Ci-dessous, mon discours pronnoncé devant les élu(e)s locaux et des citoyens appelous.

Marie-Christine VERGIAT, députée européenne Front de gauche - GUE/NGL

Discours FIRMINY [7/11/2009] – Inauguration du pôle culturel

 

Monsieur le Maire,

Mesdames, Messieurs,

 

 

C'est avec grand plaisir que j'ai répondu positivement à l'invitation de la ville de Firminy. D'abord, parce que cela me permet de revenir dans mon département natal. Ensuite parce que cela me permet aussi de remercier ceux et celles qui ont voté pour moi, ici, à Firminy, le 7 juin dernier.

 

J'entends pleinement me consacrer à ce mandat européen et à lui seul. C'est un mandat passionnant car il peut permettre la construction et la préservation de beaucoup de choses.

 

J'ai constaté tout au long de la campagne européenne combien il était difficile de parler d'Europe. Il y a une grande méconnaissance vis à vis du fonctionnement de l'Union européenne et beaucoup de préjugés, comme le « c'est la faute à Bruxelles ».

 

Or, l'Europe que nous vivons aujourd'hui est une Europe politique. Elle existe en vertu de choix faits par des politiques, la Commission ne décide rien sans l'aval du Conseil des ministres. Les commissaires sont élus par le Parlement européen sur la proposition du Conseil des ministres. Il y a donc une urgente nécessité à parler d'Europe, à expliquer ce qui se passe réellement à Bruxelles et à Strasbourg, quelle est l'articulation de l'ensemble des institutions européennes.

 

Je donnerais un exemple pour illustrer mes propos, même si celui-ci peut vous sembler éloigné de ce qui m'amène ici aujourd'hui. Un exemple d'actualité: celui de La Poste. Ce n'est pas "la faute à Bruxelles" si le gouvernement propose aujourd'hui de changer le statut de la Poste. Ce qu'a fait l'Union européenne en ce domaine est de décider de l'ouverture à la concurrence des services postaux comme il l'a fait pour le rail et les télécommunications. Cette décision d'ouverture à la concurrence a été bel et bien prise avec l'aval du gouvernement français. En effet, dans le cadre des Traités actuels, les décisions sont prises à l'unanimité des membres du Conseil des ministres et, en outre, cette ouverture à la concurrence a été décidée avec l'aval de la majorité, assez large d'ailleurs, des députés européens.

 

On a aujourd'hui besoin de réconcilier les Français avec les acteurs politiques. Pour cela, il faut de la cohérence (de la cohérence politique). On ne peut pas dire blanc à Firminy, rouge à Paris et bleu à Bruxelles. 

  

Si j'ai accepté la proposition que m'a faite le Front de Gauche, si j'ai rejoint le groupe de la Gauche Unitaire Européenne/ Gauche Verte Nordique, c'est parce que comme élu(e)s, comme militant(e)s nous avons le même discours quelque soit le lieu où nous nous trouvons.

 

Au Parlement européen, je siège à la commission « Culture et Éducation », ce n'est pas une commission législative car la culture et l'éducation ne sont pas des compétences européennes, et c'est tant mieux, car sinon ces secteurs seraient entièrement soumis aux lois du marché.

Cela ne nous empêche pas de travailler sur des choix de politiques européennes par exemple en favorisant les échanges entre les différents pays de l'Union. Cela veut dire faire avancer des politiques qui permettent à tous les Européens, d'étudier, d'enseigner, de travailler, partout où ils le veulent en Europe.

Quelques exemples: l'harmonisation des programmes scolaires, celle des diplômes, ou encore les programmes d'échanges comme Erasmus, mais aussi les politiques en faveur du multilinguisme et du multiculturalisme qui permettent le respect des minorités culturelles.

Siéger dans cette commission, c'est aussi voter le budget, le budget de l'Union européenne en faveur de l'éducation et de la culture. 

L'Europe a très largement financé ce projet de pôle culturel, ici, à Firminy. C'est une subvention exemplaire pour un projet exemplaire. 

Ce pôle culturel me paraît d'ailleurs un symbole de ce qu'est la culture, notamment dans les liens qu'elle peut faciliter en terme de cohésion et d'ouverture.

 

Ce projet illustre aussi un lien entre le passé et l'avenir. Il valorise le passé de cette région ouvrière de Firminy et ce lieu en est un symbole puisque ce château a servi à loger les cadres d'une compagnie minière.

Et l'avenir, c'est l'engagement en faveur du développement durable, dans toutes les dimensions notamment sociales au sens large du terme (accès de tous à ce lieu de culture, avec une réflexion  tant du point de vue  d'accessibilité physique aux locaux qu'en termes d'égalité sociale d'accès de toutes les catégories socio-culturelles de la population). Et c'est tout un symbole que ce projet soit finalisé dans le cadre de la politique de la ville.


Cette façon d'aller de l'avant sans oublier le passé est tout à fait fondamental pour créer les identités locales et régionales auxquelles nos concitoyens sont attachés.

Aujourd'hui les identités culturelles des uns et des autres sont multiples. Elles ne se décrètent pas. Elles se forgent au fil du temps par le dialogue, le respect des différences, la reconnaissance mutuelle.

Il n'est pas besoin de créer de faux débats qui ne conduisent qu'à créer des situations de rejet, des crispations, des stigmatisations et donc à aggraver la fracture sociale.

 


Il y a bien assez de chantiers à ouvrir et de choses à construire.

L'Europe peut être un formidable outil pour cela. Si, au delà de l'Europe entendue comme espace économique, nous voulons valoriser ce modèle social et culturel qui existe bel et bien, si nous cherchons à le protéger et à le valoriser plutôt qu'à le démanteler.

 

C'est pourquoi je tiens, en conclusion, vraiment à vous remercier de m'avoir permis de venir vous parler d'Europe et de vous faire participer concrètement à la construction, à la consolidation de cette Europe plus ouverte et plus solidaire, mais aussi citoyenne et démocratique.

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