Mayotte : la politique migratoire de la France tue

Publié le par Marie-Christine Vergiat

 
Mayotte : la politique migratoire de la France tue
D'ici mars 2011, Mayotte aura un statut de département à part entiere. Pourtant ce qui se passe dans cette petite île d Afrique au nom de la France et surtout de ceux qui la gouvernent dépasse les limites du supportable. Le tout dans un silence sidérant...

 

Communiqué interassociatif

Jeudi 28 octobre 2010, une nouvelle embarcation a fait naufrage entre Anjouan et Mayotte au sein de l’archipel des Comores [1].

L’embarcation qui transportait une trentaine de ressortissants de l’Union des Comores a chaviré au large d’une plage de Mayotte. Deux femmes y sont mortes, un bébé est porté disparu. Femmes et enfants sont d’ailleurs souvent les premières victimes des naufrages entre deux îles si proches géographiquement et culturellement mais séparées, depuis l’instauration en 1995 du « visa Balladur », par des dispositifs (contrôles de police, radars, vedettes militaires…) coupant les routes les plus directes et les moins dangereuses.
Déjà, le 23 mars 2010, cinq nourrissons et quatre femmes avaient perdu la vie. Chaque année, ce sont des dizaines de Comoriens qui sont victimes de cette militarisation des contrôles migratoires visant à isoler une des quatre îles de l’archipel [2].

Les autorités françaises se félicitent du nombre invraisemblable de reconduites à la frontière entre Mayotte et Anjouan (20 700 entre le 1er janvier et le 19 octobre 2010, selon le préfet) alors même qu’elles s’apparentent à des déplacements forcés de populations touchant près d’un dixième de la population de l’île. Les mineurs ne sont pas même épargnés et il n’est pas rare qu’ils soient expulsés seuls alors que toute leur famille réside à Mayotte.
À ce jour, la départementalisation programmée de Mayotte (mars 2011) n’est ainsi pas synonyme d’extension de l’État de droit mais de radicalisations des mesures d’exception (rafles, atteintes aux domiciles, non respect de la vie privée et familiale…) portant atteinte aux droits fondamentaux d’une large partie des habitants de l’île.

 

Signataires

Collectif Migrants outre-mer
ADDE (avocats pour la défense des droits des étrangers), AIDES, CCFD (comité catholique contre la faim et pour le développement), La Cimade, Collectif Haïti de France, Comede (comité médical pour les exilés), Gisti (groupe d’information et de soutien des immigrés), Elena (les avocats pour le droit d’asile), Ligue des droits de l’homme, Médecins du monde, Mrap (mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples), Secours Catholique - Caritas France.

Associations de Mayotte : La Cimade - Mayotte, CCCP (Coordination pour la concorde, la convivialité et la paix), Médecins du Monde - Mayotte, RESFIM (Réseau éducation sans frontières – île de Mayotte), Secours catholique, Solidarité Mayotte.

 

[1] Voir Malango actualité : Encore un accident de kwassa à Kani-Keli, 30 octobre 2010
[2] Voir les naufrages avérés entre juin 2009 et octobre 2010 et des témoignages

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