Ligue des droits de l'Homme des Bouches du Rhône: Lorsque expulsion rime avec spéculation

Publié le par Marie-Christine Vergiat

Ligue des droits de l'Homme des Bouches du Rhône: Lorsque expulsion rime avec spéculation

Je partage totalement la colère de mes amis de la fédération des Bouches du Rhône de la ligue des droits de l'Homme et je vous invite à lire ce communiqué sur les expulsions violentes et les politiques inacceptables du maire de Marseille.

Marseille le 2 octobre 2010
Vendredi 1er octobre a eu lieu, au 67 rue de la République, l’expulsion locative de la famille Chaung, réalisée avec une rare violence et dans des conditions de légalité tout a fait contestable.
Violences à l’égard d’une vieille dame de 78 ans malmenée qui a passé la journée sur le trottoir et a été relogée temporairement grâce à la solidarité citoyenne.
Violences disproportionnées des policiers à l’égard des citoyennes et citoyens choqués par cette expulsion « manu militari » exécutée par environ une centaine de policiers armés casqués qui ont agit de manière contestables : usage de gaz lacrymogènes à tirs tendus, invectives vis-à-vis des soutiens de la famille Chaung enfin matraquage d’un badaud du seul fait qu’il soit noir !
Violence de la politique de « rénovation » des immeubles qui chasse les habitants qui, comme cette famille, sont là depuis plusieurs dizaines d’années. Les loyers passent de quelques centaines d’euros à 3 000 euros après « rénovation » !
La Ligue des Droits de l’Homme dénonce les conditions dans lesquelles cette expulsion s’est passée et la collusion de fait des autorités avec la spéculation immobilière qui sévit sur Marseille depuis plus d’une dizaine d’années et notamment sur la rue de la République.
La Préfecture argue que le propriétaire, Atemi/Lehman Brothers, voulait récupérer son bien et que la famille a refusé deux propositions de relogement. Ce refus était pourtant légitime parce que les logements proposés se trouvaient dans un immeuble dévasté et en plein travaux. De plus la famille ayant fait appel du jugement ordonnant l’expulsion, l’acceptation de ces propositions leur faisait perdre leurs droits pour cet appel.
Cette famille a toujours payé son loyer et ils sont expulsés sur la base de travaux dont le permis de construire serait caduque. Tous les efforts des associations et des politiques sont restés vains : aucune négociation possible, la seule réponse a été la force.
Bien que l’appel ne soit pas suspensif, il n’y avait aucune urgence pour le préfet à prêter le concours de la « force publique », il pouvait attendre que la justice rende une décision définitive. Faut-il que cette opération de spéculation immobilière soit rondement menée ?
La Ligue des droits de l’Homme dénonce une politique brutale pour satisfaire la politique du Maire de Marseille qui a ouvert les portes aux fonds de pension américains afin de « changer l’image de la ville en changeant les habitants ». Il a déclaré notamment : « il y a trop d’étrangers dans le centre ville et je veux y faire revenir des marseillais qui payent des impôts ». Autrement dit : chassons les pauvres, place aux riches !
La Ligue des droits de l’Homme rappelle que le droit au logement pour tous est un principe fondamental de la République.

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