Les députés de la GUE/NGL s'opposent la militarisation de l'UE à caractère interventionniste

Publié le par Marie-Christine Vergiat

Le rapport d'Arnaud Danjean (UMP-PPE), président de la sous-commission "Sécurité et défense" de la commission parlementaire "Affaires étrangères", sur la mise en œuvre de la stratégie européenne de sécurité et la politique de sécurité et de défense commune a rencontré une forte opposition par les députés européens de la GUE/NGL.
Nous étions appelés à voter contre ce rapport pour des multiples raisons expliquées ci-dessous. 

Opinion minoritaire déposée par les députés GUE/NGL Sabine Lösing, Willy Meyer et Takis Hadjigeorgiou


Le rapport plaide pour une évolution de la PESD qui encourage la militarisation de l'UE et son caractère interventionniste ; il manque de solutions et d'approches civiles et pacifiques face aux conflits et se concentre, au lieu de cela, sur la défense et la militarisation de l'UE.

Nous sommes opposés au rapport pour les raisons suivantes :

- il se réfère au traité de Lisbonne et à sa mise en oeuvre, qui renforce l'évolution vers la centralisation du pouvoir, en dehors des mécanismes de contrôle parlementaire, transformant l'UE en acteur militaire au niveau mondial, avec l'AED, le SEAE, la création d'un fonds de lancement pour les opérations militaires, c'est-à-dire un budget militaire propre de facto pour l'UE ;

- il soutient la création d'une direction de gestion de crises et de planification civilo-militaire, qui fusionne les moyens et les capacités civils et militaires, en promouvant un mélange/un brouillage délibéré des capacités civiles et militaires ; il classe les missions de police/gendarmerie dans les missions civiles ; il fusionne les missions de police avec les missions de l'armée ;

- il déplore que les groupements tactiques n'aient pas encore été utilisés et soutient une utilisation plus souple des ces groupements tactiques ;

- il montre du doigt l'Iran et la Corée du Nord, rappelant que l'Union s'est engagée à utiliser l'ensemble des instruments dont elle dispose pour prévenir, décourager et arrêter les programmes de prolifération ;

- il plaide pour des structures de coopération permanentes entre l'UE et l'OTAN.
Nous réclamons ce qui suit :

- une action qui s'inscrive en totalité dans le cadre strict de la charte des Nations unies et du droit international ;

- une UE civile, une stricte séparation des opérations civiles et militaires ;

- une réorientation des dépenses militaires à des fins civiles ;

- une stricte séparation entre l'UE et l'OTAN.

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