"Le décor et l'envers du décor, chez Eric Besson"

Publié le par Marie-Christine Vergiat

Un article par Véronique Soulé, journaliste à La Libération, publié sur son blog C'est classe!

 

Un jour il renvoie des réfugiés afghans dans leur pays. Un autre jour il pose bon enfant au milieu d'élèves étrangers qu'il promet de récompenser s'ils travaillent très bien (minimum mention bien au bac). Ainsi va Eric Besson, le ministre de l'Immigration qui ne recule devant rien pour plaire au président.

 

 

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Lundi dernier donc à midi, Eric Besson  fait venir dans son ministère les deux "classes d'accueil" (pour les élèves étrangers venant d'arriver et parlant mal le français) du lycée Paul Valéry, dans le 12è arrondissement de Paris. Une quinzaine d'élèves de 11 nationalités pour la classe-collège, vingt-cinq élève pour la classe-lycée d'une dizaine de nationalités, accompagnés de leurs professeurs et de la proviseure.

Ce groupe très coloré doit servir à une de ces "opérations" dont le ministre a le secret et qui vise essentiellement à le faire mousser et, in fine, remarquer par le président. Eric Besson annonce la création de 200 bourses de 2400 euros annuels, à chaque enfant d'immigrés passé par une classe d'accueil, ayant décroché le bac avec la mention bien ou très bien, s'étant inscrit en IUT, BTS ou en prépa - mais dans dans les filières générales de l'université -, puisqu'il s'agit d'"excellence", souligne le ministre.

 

 

 Le "clou" de la cérémonie est bien sûr la photo de groupe, Eric Besson entouré de jeunes étrangers potentiellement méritants. "L'école est le premier lieu de l'intégration", répète-t-il alors qu'il y a peu on allait chercher des enfants de sans-papiers dans les écoles - maintenant c'est sur le chemin que l'on cueille leurs parents.

Et puis il y a l'envers du décor. Un participant se sentant piégé dans cette cérémonie très instrumentalisée photographie la chaise vide toute dorée du ministre - assortie au décor de cet hôtel 18è (l'hôtel de Rothelin-Charolais) - , la table à la tribune et posé dessus un badge RESF - le réseau éducation sans frontières. Un geste de protestation pour rappeler que le ministre est intraitable lorsqu'il s'agit d'expulser les jeunes sans-papiers dès qu'ils ont 18 ans. Et que l'élève aura pu avoir fait tous les efforts d'intégration possibles, appris le français, bossé dur à l'école, passé le bac avec mention et rêvé de faire des études supérieures, cela ne lui sera d'aucun secours.

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