La retraite à 60 ans : un droit

Publié le par Marie-Christine Vergiat

Les manifestations sont de plus en plus rapprochées, et de plus en plus importantes. 

De plus en plus de citoyens, retraités, travailleurs, jeunes, se mobilisent, et ce notamment car les chiffres sont avec nous. Pour revenir aux fondamentaux de cette réforme un communiqué de Patrick Le Hyaric, membre de la commission emploi et affaires sociales du Parlement européen.

Une nouvelle fois trois millions de manifestants aux situations et aux opinions diverses ont dit samedi dernier leur refus de l’abrogation du droit à la retraite à 60 ans. C’est la troisième fois depuis ce mois de septembre que nos concitoyens descendent dans la rue, soutenus par des milliers d’autres. Des centaines de cortèges ont été organisés, de la plus petite localité jusqu’à Paris.

Comme l’indique une enquête CSA/l’Humanité, près des trois quarts de nos concitoyens refusent cet enterrement de la retraite à 60 ans. Ils ont raison. Ce ne serait ni juste ni efficace.

Pas juste car le projet sarkozyste fait reposer l’effort essentiellement sur le monde du travail et des retraités, alors que les puissances industrielles et financières en sont quasiment exonérées. Les revenus financiers ne participent pas au financement de la protection sociale et des retraites.

Inefficace ! L’expérience le montre. M. Fillon, lorsqu’il était ministre du travail, avait allongé la durée de cotisation en expliquant que cela permettrait d’assurer le financement du système. Il a donc menti. Aujourd’hui, M. Sarkozy dit la même chose. Il faut, dit-il, faire cette contre-réforme, et vous serez tranquilles. C’est faux. Du fait même de cette injustice ! Tant que les fruits des richesses produites seront de plus en plus accaparés par le capital sans que celui ne participe à la solidarité, on obligera demain les travailleurs à abandonner de plus en plus de leurs droits.

La justice va donc de pair avec l’efficacité. Il faut une taxation des revenus financiers, au même niveau que la contribution des salariés et des paysans. L’efficacité passe aussi par une autre cohérence économique. Ce sont les bas salaires et le chômage qui aggravent les déficits. L’augmentation des revenus du travail et une création massive d’emplois, grâce à un nouveau développement agricole, industriel et des services, apporteraient plusieurs milliards aux caisses de retraites.

L’argument démographique est faux, puisqu’à l’avenir notre pays est plutôt bien placé. Celui du manque d’argent est également un mensonge. Quant à celui de l’allongement de la durée de vie, il est bien réel. Nos gouvernants souhaiteraient qu’on meure plus tôt, en faisant travailler les gens plus dur et plus longtemps, tout en réduisant les moyens de la protection sociale et les services de santé de proximité. Car continuer à attaquer l’hôpital public, à accélérer le déremboursement des médicaments, à reculer l’âge ouvrant droit à la retraite et à toujours intensifier les cadences de travail, fera diminuer la durée de vie.

Notons d’ailleurs que l’espérance de vie en bonne santé est en moyenne de 63 ans pour les hommes et de 64 pour les femmes. Comment accepter que demain  parents et grands-parents seraient poussés à travailler jusqu’à 67 ans, voire plus, pendant que leurs enfants et petits-enfants seraient au chômage ? Nous sommes face à un enjeu de société de première importance. Un enjeu de civilisation. Justice et progrès social ou régression sociale : Telle est l’alternative !

Les maîtres qui nous gouvernent tentent de justifier la régression sociale parce qu’ils veulent mieux servir la haute finance internationale, spéculative et parasitaire, au détriment de la vie humaine. Tant qu’il en sera ainsi, le seul programme politique sera la régression sociale.

C’est au contraire l’amélioration de la protection sociale, le droit à la retraite à 60 ans à taux plein, l’amélioration de l’emploi, qui sont des atouts pour sortir de la crise. Cela suppose de s’attaquer à un nouveau projet de répartition des richesses et à une nouvelle manière de produire celles-ci. Une partie du capital aujourd’hui gâché dans la spéculation doit donc revenir aux êtres humains, aux biens communs humains. Cela peut se faire en mettant à contribution les revenus financiers tout en revalorisant le travail.

Nous sommes entrés dans un affrontement entre l’immense majorité de nos concitoyens, par delà leur situation et leurs opinions, et un pouvoir de plus en plus isolé, arc-bouté dans la défense des intérêts des puissances d’argent.

Tel est l’enjeu.

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