Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

La diversion médiatique des « casseurs » fait bien les affaires du pouvoir politique

Publié le par Marie-Christine Vergiat

La diversion médiatique des « casseurs » fait bien les affaires du pouvoir politique

 Après le flop de l'expulsion des Roms, l'argument sécuritaire fait son retour et tente de détourner l'attention de la très contestée réforme des retraites. Mais l'argument n'est pas nouveau comme le démontre Laurent Mucchieli dans cet article.
 

C'est avec un certain agacement que nous avons reçu ces derniers jours de très nombreux coups de téléphone de journalistes écrivant des articles sur les « casseurs » et posant tous la même question : « mais enfin, qui sont ces jeunes (qui nous font tous si peur) ? ». Agacement d'abord parce que la réponse n'a pas changé depuis les dernières manifestations impliquant la jeunesse (comme le mouvement anti-CPE en 2006) : mélange entre des jeunes très politisés qui défient le pouvoir en place, des jeunes de banlieues pauvres qui viennent faire l'émeute en centre-ville et des petits délinquants qui viennent avant tout se servir dans les magasins. Rien de nouveau, au moins depuis les années 1990. Et avant ? Il est difficile de ne pas évoquer le souvenir de la loi du 8 juin 1970 plus connue sous le nom de « loi anti-casseurs ». Agacement ensuite parce que la concentration sur ce phénomène sert directement la stratégie d'absence de dialogue social et de pourrissement du mouvement adoptée par le gouvernement. Pendant ce temps là, les policiers frappent fort (on voit même resurgir les vieilles méthodes de la provocation policière, y compris exercée par des policiers déguisés en syndicalistes), interpellent massivement et n'hésiter même pas à écarter par la force les journalistes trop curieux. Et, à l'échelle nationale, ce ne sont pas principalement les « casseurs » qui feront les frais de la répression, mais plutôt les manifestants, les grévistes et les syndicalistes.

Je vous invite également à consulter le site de Laurent Mucchieli, "Délinquance, justice et question de société" afin de lire sa dernière newsletter.

Commenter cet article