GUE/NGL: Nous avons besoin d'une approche fondamentalement différente, pas d'un traité néolibéral

Publié le par Marie-Christine Vergiat

Nous avons besoin d'une approche fondamentalement différente, pas d'un traité néolibéral
 
 
Tout en insistant sur le fait que le projet d'intégration européenne n'aura aucune chance d'aboutir sans la participation démocratique réelle des citoyens, le président du GUE/NGL Lothar Bisky a prôné pour une "Europe qui serait construite par ses citoyens plutôt que par ses élites", a-t-il déclaré aujourd'hui lors du débat au Parlement européen sur le traité de Lisbonne.
 
"La gauche en Europe va lutter pour une démocratie plus directe. Nous avons toujours été en faveur de référendums obligatoires sur la constitution, mais une fois que vous vous engagez à tenir un référendum, vous devez en accepter les résultats. Sur ce point, le gouvernement irlandais a violé un principe démocratique. Notre problème avec le traité de Lisbonne est qu'il soutient les politiques qui ont apporté la crise financière, l'inégalité croissante, le chômage en hausse et les bénéfices plantureux des banques."
 
La gauche a besoin d'une approche fondamentalement différente», a continué Bisky, "nous voulons une clause sur le progrès social et contre le dumping social ; nous voulons un traité de désarmement et non de militarisation".
 
Déplorant le fait que la Commission européenne ait engagé d'énormes ressources dans la promotion de l'idée du Oui ou du Non à l'Europe, la députée irlandaise du GUE/NGL Bairbre de Brún a dit qu'un «défi pour tous dans cette assemblée est de reconnaitre que bon nombre des inquiétudes soulevées au cours de la campagne sur le référendum doivent encore être abordées.» «Les gens sont inquiets à propos des emplois et des salaires, des droits des travailleurs et des services publics, ainsi que la militarisation et la voix des petits États, a dit de Brún. «Ceux qui ont plaidé en faveur du traité en tant que traité pour les emplois et les investissements devront rendre des comptes sur la situation de l'emploi et de la reprise, les droits des travailleurs et des syndicats. Les promesses faites ne doivent pas passer à la trappe maintenant que le résultat recherché par le gouvernement irlandais et les dirigeants de l'Union ont été atteints.»
 
Le député irlandais Joe Higgins a mis l'accent sur sa perspective de gauche, socialiste quant au référendum, disant que ce n'était "pas une victoire pour la démocratie". «Menacés par une coalition de partis au pouvoir, de la presse capitaliste et de la Commission européenne, le peuple irlandais s'est entendu dire que le Non signifierait un isolement économique, un punition en Europe et une fuite des capitaux. En revanche, on leur a fait croire que le vote du Oui entraînerait emplois, investissement et relance.» Higgins a critiqué l'idée que Tony Blair puisse devenir président du Conseil avant de souligner que seule la gauche est à même de prendre des mesures véritables en faveur des droits des travailleurs.
 
Le député tchèque Jiři Maštálka a exprimé sa déception sur le fait que pour un document important tel que le traité de Lisbonne, les citoyens de l'Union européenne dans tous les pays n'ont pas été consultés par référendum. "L'avenir nous montrera que le résultat du second référendum est une victoire à la Pyrrhus, contre les intérêts des citoyens de l'Union européenne." Maštálka a conclu en rejetant toute pression sur les processus décisionnels de la République tchèque à l'égard du traité.
 
 
Par GUE/NGL Press
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