Crise internationale : d'autres politiques sont nécessaires!

Publié le par Marie-Christine Vergiat

Crise internationale : d'autres politiques sont nécessaires! La plénière du Parlement européen a adopté aujourd'hui le rapport de la commission spéciale sur la crise financière, économique et sociale (CRIS). Le rapport de Pervenche Bérès comprenait au départ de bonnes remarques et mettait en avant le rôle des services publics et de la sécurité sociale, "stabilisteurs automotiques", de la crise. Mais le rapport a été victime d'une véritable offensive législative de la part de la droite de l'hémicycle, avec 1625 amendements déposés sur ce rapport. Au final le texte qui a été voté en plénière aujourd'hui, au lieu de tirer les conséquences de la crise, est un éloge au pacte de stabilité.

 "Le Parlement européen, la seule institution démocratiquement élue en Europe, a eu une excellente occasion d'analyser soigneusement la crise internationale et de prendre en considération les sentiments dramatiques des européens sur la question. Cela a échoué lamentablement!", a déclaré le député du GUE/NGL Nikolaos Chountis (Grèce). « La coalition politique habituelle entre les sociaux-démocrates et les conservateurs crée un rapport à mi-parcours qui réécrit l'histoire récente d'une manière très partielle, tout en cachant les aspects réels des événements récents et en excusant le comportement catastrophique du secteur financier. C'est pourquoi nous avons voté contre ce rapport. Notre groupe ne fera pas partie de la coalition politique néolibérale qui favorise des plans d'austérité à l'échelle européenne et conduit nos économies et nos sociétés à la récession, aux troubles sociaux et au chômage".

Pour Miguel Portas (Portugal), Vice-président de la commission CRIS, "les récentes propositions législatives de la Commission dans le domaine de la gouvernance économique auront un effet dépressif en termes économiques sur les déjà faibles taux de croissance dans les États membres; l'UE, au contraire, devrait s’investir davantage dans la mise en œuvre d’un plan européen ambitieux d’investissements et pour l’emploi; l'austérité prônée par la Commission n'est pas à la hauteur du défi politique qui lui a été lancé lors de la journée européenne de mobilisation syndicale du 29 septembre 2010. C'est sur ce terrain que la Commission et le Conseil doivent être jugés dans leur action politique, action dont dépend l'inclusion sociale de millions de personnes en Europe".

"La crise est et reste bien devant nous", affirme Patrick Le Hyaric (France), "la stratégie élaborée par la Commission nous mène droit dans le mur. Il faut écouter les peuples qui demandent une Europe solidaire et certainement pas néolibérale, et créer un fond de développement humain et social à la place du pacte de stabilité".

"Comment peut-on suggérer des solutions à long terme si on n'analyse pas les réelles raisons de la crise?", ajoute Cornelis de Jong (Pays-Bas). "Il faut créer une taxe sur les transactions financières pour en finir avec le poids de la spéculation sur les marchés, et promouvoir la fermeture des paradis fiscaux qui ont eu un rôle déterminant dans l'explosion de la crise mondiale. Ces propositions ne sont par reprises clairement dans le rapport adopté aujourd'hui par le Parlement européen", affirme le député.

Les quatre députés du groupe GUE/NGL sont membres de la Commission spéciale sur la crise financière, économique et sociale au Parlement européen.

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