c/p "Tunisie : Chaque jour apporte son lot de consternations et l'UE se ridiculise"

Publié le par Marie-Christine Vergiat

Communique de presse de Marie-Christine Vergiat

Députée européenne GUE/NGL - Front de Gauche

Membre de la sous-commission Droits de l'Homme du Parlement européen

 

 

Strasbourg, le 19 mai 2010

 

 

Tunisie : Chaque jour apporte son lot de consternations et l'UE se ridiculise

 

 

Dans le cadre de la demie-heure d'interventions dévolue aux députés européens à l'ouverture de chaque session plénière, j'ai soulevé la question de la négociation du statut avancé entre l'UE et la Tunisie. J'ai redit ma consternation face à l'avancement vers ce statut alors que la situation des droits de l'Homme et de la démocratie ne cesse de se dégrader en Tunisie.

 

Consternation face au résultat des élections municipales du 6 mai dernier qui a vu les proches du régime de M. Ben Ali recueillir 90% des voix. Un résultat qui se passe de commentaires.

 

Consternation face aux manœuvres d'intimidation et de harcèlement dont ne cessent d'être victimes les défenseurs des droits de l'Homme, les journalistes (*), mais aussi les avocats Abderraouf Ayadi, Me Ayachi Hammami, Mohamed Abbou, Radhia Nasraoui qui osent encore dénoncer les dérives du régime et tenter de défendre ses opposants. Sans oublier la censure croissante sur Internet, même mon blog n'est désormais plus visible depuis la Tunisie.

 

Dans cette annonce, une nouvelle fois, les intérêts économiques et diplomatiques, à quelques semaines du sommet de l'UPM, ont pris le pas sur la défense des droits de l'Homme. C'est insupportable.

L'Union européenne se ridiculise et perd sa crédibilité en matière de défense des droits de l'Homme au moment où elle négocie son adhésion à la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme.

 

 

(*)Pour ne citer que les actes récents: Zouhair Maklouf a été arrêté et molesté le 6 mai par la police tunisienne alors qu'il se rendait à un dîner autour de l'ancien bâtonnier de Paris ; le 18 mai prochain, un autre journaliste, Fahem Boukadous, verra sans doute sa condamnation à 4 ans de prison confirmée pour avoir rendu compte de l'agitation sociale qui a eu lieu dans le bassin de Gafsa et de la sévère répression qui s'en est suivie.

Publié dans Tunisie-Gafsa

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