c/p "Système d'information Schengen II (SIS II) : un débat surréaliste"

Publié le par Marie-Christine Vergiat

Strasbourg 19/05/10
 
De Marie Christine Vergiat, députée européenne GUE/NGL - Front de Gauche - Membre de la commission Libertés civiles, Justice, Affaires intérieures du Parlement européen
 
 
Système d'information Schengen II (SIS II) : un débat surréaliste
 
"Le Parlement européen a adopté à une très large majorité les deux rapports Coelho (PPE) sur le développement du système SIS II. Certes, le rapporteur, comme la plupart des intervenants, ont souligné les retards pris dans le développement de ce système dit de 2ème génération qui aurait dû entrer en vigueur au début de l'année 2007, mais la plupart des groupes politiques ont soutenu la poursuite du développement de ce système.
 
Or tous les clignotants sont au rouge. Il a fallu une deuxième tentative de test pour que la Commission puisse enfin conclure à la réussite des essais et décide la poursuite du développement de SIS II malgré l'opposition de trois Etats membres, et non des moindres : la France, l'Autriche et l'Allemagne.
Mais au-delà de la question des tests, se posent des questions plus fondamentales : celles de la transparence de la Commission sur ce dossier et du coût du SIS II. Comment accepter d'engloutir ainsi des sommes colossales pour mettre en place des mesures dont la pertinence n'est pas démontrée alors que les citoyens européens sont appelés à des cures d'austérité ?
 
Pire, il ne faut pas l'oublier, le nouveau système proposé permettra de recueillir de nouvelles données, dont des données biométriques, et pourra aussi être consulté par EUROPOL et EUROJUST et connecté à d'autres systèmes (Eurodac et VIS (Système d'information des visas) qui détiennent les empreintes digitales des demandeurs de visas et d'asile).
Une fois encore le problème de la protection des données individuelles est posé.
 
Ce débat est d'autant plus surréaliste qu'il intervient à un moment où les dégâts du tout sécuritaire sont de plus en plus dénoncés.
Garantir la sécurité des résidents de l'Union européenne est une obligation, mais elle ne peut se faire en violant les libertés fondamentales et les droits de l'Homme.
Un peu d'évaluation au lieu de forcer la marche en avant n'aurait pu nuire".

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