c/p "Roms : N'inversons pas les responsabilités !"

Publié le par Marie-Christine Vergiat

Je m'associe pleinement à ce communiqué qui l'énorme avantage de remettre les pendules à l'heure. Les propos xénophobes du Président de la République sont pour moi intolérables et inadmissibles.
Les Roms que l'on ne doit pas confondre avec les gens du voyage (qui sont pour la plupart des citoyens français de plus en plus sédentarisés) sont victimes de violences très dures dans leurs pays (pour l'essentiel la Roumanie et la Hongrie). Au moment de l'entrée dans l'UE de ces deux pays, le gouvernement français a fait intégré des mesures les empêchant de travailler en France et leur refusant donc toute possibilité d'intégration alors qu'ils sont rappelons le citoyens européens.

Ils sont utilisés dans le cadre de la lutte contre l'immigration, de façon honteuse, pour faire du chiffre. C'est facile et pratique puisque comme ils sont citoyens européens, ils ont droit à la libre circulation et reviennent naturellement en France où ils ont envie de vivre. Certains d'entre eux peuvent  donc être  "utilisés" plusieurs la même année.

Et là, aujourd'hui, on instrumentalise un fait divers dramatique et on en fait des boucs émissaires de l'échec des politiques gouvernementales sécuritaires dont Nicolas Sarkozy assume la responsabilité de façon quasi continue depuis 8 ans.
Décidément la coupe est pleine.


COMMUNIQUE DU COLLECTIF NATIONAL DROITS DE L’HOMME ROMEUROPE
Paris, le 22 juillet 2010
 
Roms : N'inversons pas les responsabilités !
 
Le Collectif Romeurope exprime ses plus vives inquiétudes suite aux déclarations du Président de la République après les événements dramatiques intervenus à Saint Aignan (Loir-et-Cher) et dénonce l’amalgame fait entre les Gens du voyage et les Roms et la stigmatisation de ces deux populations.
 
Alors que le Gens du voyage sont des français qui ont la particularité de vivre en caravane et d'être itinérants toute ou partie de l’année, les quelques 15 000 Roms présents en France sont essentiellement venus de Roumanie et de Bulgarie, citoyens européens bénéficiant de la liberté de circulation en France.
Mais le Gouvernement français a imposé, au moment de l'entrée en 2007 de la Roumanie et de la Bulgarie au sein de l'Union européenne, des mesures transitoires qui excluent en pratique les ressortissants de ces deux pays du marché de l'emploi et des prestations sociales. Ne pouvant travailler légalement ni avoir des ressources régulières, ils sont contraints de vivre dans de véritables bidonvilles ou abris précaires.
 
Depuis le début de l'été, les expulsions de familles Roms de leurs lieux de vie se multiplient partout en France, dernièrement à Saint Denis ou encore à Dunkerque, avec pour seules alternatives une nouvelle errance ou une aide au retour au pays d'origine. Ces éloignements « volontaires » aident à gonfler les statistiques du Ministère de l'Immigration artificiellement car nombre de ces « expulsés » peuvent – fort heureusement- revenir en France dans les semaines qui suivent. Ces familles sont ainsi, en fait, seulement déplacées d'une commune à une autre, dans une précarité croissante.
 
Abroger ces mesures transitoires pour ces citoyens européens et leur permettre un libre accès à l'emploi, mobiliser les dispositifs existants de droit commun pour les accompagner dans leurs projets de vie, et mettre en œuvre le droit à un habitat digne pour tous par la construction massive de logements accessibles pour répondre à la crise du logement, seraient une meilleure réponse que d'en faire les boucs émissaires d'une politique sécuritaire inefficace.
 
Qu’il s’agisse des Gens du voyage ou des Roms, il est urgent que le gouvernement cesse de confondre des situations et des actes avec les origines des personnes concernées.

Publié dans Droits de l'Homme

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