c/p: Non à des universités au seul service du "monde des affaires"!

Publié le par Marie-Christine Vergiat

Ce mardi 23 mars, les députés membres de la commission "Culture et éducation" du Parlement européen ont voté sur le rapport sur le dialogue université-entreprise de Pal Schmitt (PPE/ Hongrie) qui porte sur la communication de la Commission européenne du 2 avril 2009. Tant le rapport présenté en commission que le texte adopté s'inscrivent dans la logique neolibérale qui veut soumettre le système éducatif européen aux besoins du marché.

 


 

Communiqué de Marie - Christine Vergiat

Députée européenne

Coordinatrice de la commission "Culture et éducation" pour le groupe GUE/NGL

 

 

Non à des universités au seul service du "monde des affaires"

 

La commission "Culture et éducation" du Parlement européen a adopté ce mardi 23 mars un rapport alarmant sur les universités.

 

Dans ce rapport adopté par l'ensemble des groupes politiques à l'exception de la GUE/NGL, le Parlement européen soutient la politique européenne de soumission progressive des systèmes éducatifs européens aux besoins du marché. Ce rapport s'inscrit donc dans la logique du processus de Bologne, pourtant contesté dans plusieurs pays européens et notamment en France, en Allemagne et en Italie.

 

 

Cette logique conduit, sous prétexte de moderniser les universités et de faciliter l'insertion professionnelle des jeunes diplômés, à adapter peu à peu l'ensemble de notre système éducatif aux seuls besoins du "monde des affaires", pour reprendre l'expression "fétiche" du rapporteur PPE, au mépris du niveau de culture générale des étudiants (pourtant une des clés essentielles de leur mobilité) et même de la diversité des acteurs économiques.

 

Loin de répondre aux nouveaux défis, cette logique veut transformer les savoirs en savoir-faires dans un esprit purement utilitariste transformant les étudiants non en citoyens mais en acteurs dociles du marché. Elle tend à enfermer les jeunes dans une culture appauvrie et centrée essentiellement sur les compétences strictement nécessaires pour exercer tel ou tel emploi.

 

Plusieurs amendements adoptés renforcent cette logique allant même jusqu'à faire de la promotion de l'esprit d'entreprise une sorte de miracle pour faire face à la crise économique. Un amendement va même jusqu'à demander l'intégration des enseignants dans les entreprises.

 

 

A l'inverse, j'ai défendu au nom du groupe de la GUE/NGL des amendements mettant en avant le rôle de l'université qui doit rester un lieu d'apprentissage de tous les savoirs, de recherche et d'innovation tout en étant ouverte au dialogue et la coopération avec l'ensemble des acteurs de la société.

 

 

La plupart de nos amendements ont été rejetés ou déformés. Je considère cependant une petite victoire l'adoption d'un certain nombre d'amendements rappelant le rôle fondamental de l'université et son apport à la société toute entière, insistant sur le nécessaire respect de son autonomie, demandant un nécessaire bilan du processus de Bologne1 ou encore une formation des étudiants à l'ensemble des modèles d'entreprenariat y compris ceux de l'économie sociale et solidaire2.



1Amendement 4 "considérant qu'il est urgent de mettre en place, de coordonner et de promouvoir une démarche cohérente entre tous les pays signataires du processus de Bologne, notamment pour ce qui est de la mobilité des étudiants et de la reconnaissance totale des diplômes et que ceci passe par un bilan approprié dudit processus faisant ressortir les difficultés et les blocages".
2Amendement 91 " rappelle que l'entreprenariat marchand sous ses différentes formes doit être envisagé comme une des alternatives professionnelles pour les jeunes diplômés et qu'il est indispensable que les établissements d'enseignement supérieur fournissent à leurs étudiants des connaissances approfondies sur l'ensemble des formes d'entreprenariat, y compris sur l'économie sociale et solidaire, ainsi que des notions approfondies en gestion responsable et éthique;".

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