c/p "Explosion du nombre de détenus : la LDH persiste et signe"

Publié le par Marie-Christine Vergiat

Les services pénitentiaires en France subissent de façon chronique une surpopulation carcérale lorsque le nombre de détenus continue à s'accroître, une vérité révélée dans le rapport de la LDH publié aux éditions La Découverte. Le gouvernement français ferme encore une fois ses jeux face à cette réalité brûlante.

 


 

Communiqué LDH
Paris, le 15 avril 2010
 
 

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Explosion du nombre de détenus : la LDH persiste et signe
 

 
Le porte-parole de la ministre de la Justice a qualifié l'Etat des droits de l'Homme en France 2010 publié par la LDH aux éditions La Découverte de « succession de lieux communs et de contre-vérités...» ce qui revient à dire que seul le gouvernement détiendrait la vérité en la matière. Mais les faits sont têtus.
 
La LDH maintient que le nombre de condamnés détenus dans les prisons françaises a bel et bien doublé en vingt ans (de 1990 à 2010), passant de 25 000 à 50 000 selon les statistiques publiées par le ministère dont Monsieur Guillaume Didier est le porte-parole.
 
Sans doute le représentant de la ministre a-t-il mélangé, pour soutenir le contraire, prévenus et condamnés : pour le gouvernement actuel, qui ne s'embarrasse pas de la présomption d'innocence, être prévenu c'est déjà être coupable... Mais même si on le suivait dans cet amalgame, l'augmentation serait encore de 50% de 2001 à 2008 !
 
Encore faut-il rappeler que le ministère de la Justice a, en 2004, sorti des statistiques les « écroués non détenus » (placement sous bracelet électronique). Comme les statistiques du chômage, qu'il s'agisse du nombre de chômeurs ou de celui des placements sous écrou, il est plus facile et plus tentant d'agir sur le thermomètre que sur la maladie.
 
Monsieur Guillaume Didier a en revanche raison sur un point. Les analyses développées par la LDH rejoignent en effet un « lieu commun » : celui où se retrouvent tous les acteurs de la justice, magistrats, avocats, personnels des services judiciaires et pénitentiaires, pour dénoncer une gestion politicienne, discriminatoire et brutale de l'institution judiciaire.
 
« La justice bafouée » : aucune manœuvre de contre-feu gouvernemental ne pourra masquer cet échec à la République qui relève du « lieu commun » pour un nombre croissant de citoyens.

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