Bruxelles, 7 octobre: mon intervention sur la répression en Guinée

Publié le par Marie-Christine Vergiat

Mon intervention sur la répression en Guinée lors de la session plénière du Parlement européen à Bruxelles, le mercredi 7 octobre 2009.


A
u nom du groupe GUE/NGL
. Monsieur le Président, Mesdames, Messieurs, chers collègues, nouvelle parlementaire comme beaucoup d'autres ici, j'ai été frappée par la place faite aux droits de l'homme dans les discours tenus dans cet hémicycle, et notamment dans ceux de notre Président Buzek. J'y souscris tout à fait car, si je suis ici, si j'ai conduit une liste aux élections européennes en France, c'est avant tout parce que je suis une militante associative et, justement, une militante des droits de l'homme.

À ce titre, les événements de Guinée ne peuvent me laisser indifférente car ce sont les militants des droits de l'homme, et plus généralement les représentants de la société civile, qui se sont fait arrêter, violer quand c'était des femmes, massacrer le 28 décembre dernier: plus de 150 personnes tuées par balles, plus de 1 250 personnes blessées – vous nous l'avez dit Madame la Ministre – dans cette seule journée. La répression a continué dans les jours qui ont suivi, et continue encore, alors que ces personnes – cela a été dit aussi – venaient pacifiquement rappeler M. Camara à ses propres engagements. Il ne fait aucun doute, selon les témoignages qui affluent, que ce sont des proches du pouvoir, contrairement aux déclarations faites par le capitaine, qui ont perpétré ces exactions.

Là-bas la situation est confuse, mais les organisations de la société civile, regroupées au sein du Conseil national des organisations de la société civile guinéenne, appellent à l'aide la communauté internationale. Ces derniers mois, ce Conseil national a organisé un large recensement de la population guinéenne, exemplaire dans ces pays d'Afrique, en s'appuyant sur les engagements pris par M. Camara.

Les informations qui nous viennent de Guinée sont alarmantes. Nous ne pouvons ici, au Parlement européen, nous contenter de discours. Ce débat a lieu à notre demande, à la demande de la Gauche unitaire européenne / Gauche verte nordique, mais il faut aller plus loin. Nous demandons la condamnation expresse de la répression de la manifestation.

Vous nous avez parlé de sanctions ciblées, Madame la Ministre. Pourriez-vous nous en dire plus? S'agissant de l'arrêt immédiat des persécutions, de la libération de toutes les personnes arrêtées et de l'établissement d'une commission d'enquête internationale sur ces événements, j'ai cru comprendre, Madame la Ministre, que nous étions en bonne voie. Mais, là aussi, pourriez-vous nous en dire plus?

Vous nous avez également dit que toute aide avait été gelée en dehors de l'aide humanitaire et alimentaire. Cela nous semble un minimum, mais comment peut-on concrètement appuyer la transition démocratique?

Nous voulons, Monsieur le Président, qu'une résolution soit votée à la prochaine session de Strasbourg pour que le Parlement européen ne se contente pas de discours mais prenne, dans ses actes, une décision, comme il a su le faire en janvier dernier. Je le redis encore une fois, il y a urgence. Les organisations sur place nous alertent sur les risques de conflits ethniques. N'attendons pas un nouveau Rwanda pour réagir, les droits de l'homme doivent être défendus en Afrique comme partout ailleurs à travers le monde. 

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