Communiqué de presse "Destruction de la "jungle" de Calais: Jour de honte et de rage"

Publié le par Marie-Christine Vergiat

Bruxelles, le mardi 22 septembre 2009

 

Destruction de la "jungle" de Calais :

Jour de honte et de rage


En septembre 1999, à la demande d'associations, l'Etat réquisitionnait un hangar pour héberger les immigrés voulant se rendre en Angleterre. Trois ans plus tard, le ministre de l'Intérieur de l'époque, Nicolas Sarkozy, décidait brutalement la fermeture et la destruction du camp de Sangatte au prétexte notamment de lutter contre les passeurs. Les immigrés se sont alors réfugiés dans les bois alentours, pour créer ce qui est appelé depuis quelques temps la "jungle".


Il y a une semaine, Eric Besson, ministre de l'Immigration, récidive et décide sans concertation et dans la précipitation de la "fermeture" de la "jungle" des environs de Calais.


L'opération de police a eu lieu ce mardi 22 septembre. Plus de 300 personnes ont été interpellées, dont plus d’une centaine de mineurs. D'autres lieux de fortune du Calais devraient être détruits dans les prochains jours.


La fermeture du camp de Sangatte en 2002 a montré la faillite d'une politique uniquement répressive qui ne peut faire cesser l’arrivée d'immigrés qui cherche refuge en Angleterre.


Le gouvernement fait une nouvelle fois une opération de communication sans régler la question des conditions de vie des migrants et ne fait que renforcer l’assimilation entre immigration et insécurité. La lutte contre les réseaux de passeurs ne doit pas prendre pour cible leurs victimes.


On ne fait que déplacer le problème dans l’espace et dans le  temps. Les immigrés se regrouperont ailleurs, leurs conditions de vie continueront de s’aggraver, le travail des associations et des bénévoles venant à l'aide de ces personnes au risque d'être sanctionnés pour aide à l'immigration clandestine, sera rendu encore plus difficile.

Les autorités françaises et européennes se révèlent, une fois encore, incapables d’apporter une réponse adaptée à la détresse des réfugiés.

L’Europe forteresse n’est en rien une solution. Il est urgent de cesser de dénier les droits des migrants ; il est urgent d’instaurer un mécanisme leur permettant de demander asile là où ils peuvent vivre décemment et où ils ont, le plus souvent, d’ores et déjà des liens familiaux, sociaux ou culturels. 

Marie-Christine Vergiat
Députée européenne "Front de Gauche"
au sein de la GUE/NGL
 Membre de la Commission Libertés civiles, Justice, Affaires intérieures

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