Solidarités

Publié le par Marie-Christine Vergiat

Paru dans L'Humanité, le 17 juin 2009

 

L’invitée de la semaine

Marie-Christine Vergiat, Solidarité(s)

Députée européenne Front de gauche.

Si je vous demande qui s’est déclaré favorable à :

- un pacte mondial pour l’emploi engageant les États

à mettre l’emploi, la protection sociale et la promotion du travail décent au coeur de leurs mesures de riposte à la crise ;

- l’intervention de l’OIT (Organisation internationale du travail) auprès de l’OMC, du FMI et de la Banque mondiale ;

- la soumission des interventions du FMI, de la Banque mondiale, des banques de développement et du PNUD (Programme des Nations unies pour le développement)

à une conditionnalité environnementale et sociale ;

- la ratification des normes de l’OIT et notamment des conventions contenant les quatre normes fondamentales du droit du travail ;

vous allez penser que je dois savoir que, durant la campagne, nous avons largement développé le thème de la solidarité et que nous étions bien seuls à faire des propositions concrètes en ce sens. Vous croirez sans doute que je me moque de vous en posant cette question. Eh bien, non, ces propositions sont celles du président de la République mardi à Genève devant l’OIT. Il a une fois encore adopté le style : « Plus à gauche que moi, tu meurs »… du moins dans les discours devant les parterres internationaux. Or, tout au long de cette campagne, nous avons dit qu’il était temps, pour les hommes et les femmes politiques, de mettre un peu de cohérence entre leurs discours et leurs pratiques.

Alors, de qui se moque-t-on ? Le même jour, François Fillon a annoncé que la question de l’augmentation

de l’âge de la retraite était à l’ordre du jour. Et c’est aussi ce jour-là que l’annonce du doublement du déficit de

la Sécurité sociale (sur lequel on devrait d’abord commencer par s’interroger) sert de nouveau prétexte

à un plan drastique sur les dépenses de Sécurité sociale et à une nouvelle chasse aux fraudeurs. Nous savons bien qui seront les premières victimes de ces mesures.

Nous, nous disons qu’un autre monde est possible et qu’une meilleure répartition des richesses commence par la suppression du bouclier fiscal. La solidarité, c’est d’abord celle des plus riches envers les plus pauvres. Dans notre pays, selon l’INSEE, l’écart entre les plus riches

et les plus pauvres s’est profondément accru au cours

des dernières années et ce n’est pas tolérable.

Comme ne sont pas supportables les annonces quotidiennes de licenciements qui sacrifient les salariés pour mieux préserver les bénéfices des actionnaires.

Nous vivons dans un des pays les plus riches du monde. Nos gouvernants ne cessent de donner des leçons à

la planète entière et ce sont toujours les mêmes qui trinquent. Encore une fois, trop c’est trop. En cette période de crise, il faut plus que jamais en appeler à

la solidarité, solidarité entre les individus, solidarité entre les territoires, solidarité entre les peuples.

C’est ce message que j’entends porter haut et fort à Strasbourg avec tou(te)s nos ami(e)s de la Gauche unie européenne-Gauche verte nordique.

Publié dans Européennes 2009

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