Le mouvement social a besoin de prolongements politiques

Publié le par Marie-Christine Vergiat

L'article de Jean-Paul Piérot paru dans L'Humanité du 28 mai:

« Le mouvement social a besoin de prolongements politiques »

Paroles de syndicalistes qui seront présents aujourd’hui devant l’Assemblée.

Plusieurs centaines de délégués d’entreprises concernées par des plans de licenciements, des restructurations et des délocalisations sont attendus aujourd’hui devant l’Assemblée nationale, au moment où les députés PCF et PG défendront leurs propositions contre la crise.

Caterpillar, Faurecia, Renault, ArcelorMittal, Cremonini, la FNAC, Celanese…, des noms qui ont défrayé la chronique des mauvais coups contre le monde du travail. De ces entreprises, et de beaucoup d’autres, des voix vont se faire entendre, dont l’écho retentira dans l’hémicycle du Palais-Bourbon par le truchement des députés PCF et PG.

« Nous avons décidé d’envoyer une forte délégation à l’Assemblée nationale, parce que, s’il existait une loi interdisant de licencier aux entreprises qui versent des dividendes à leurs actionnaires, nous n’en serions pas là chez Caterpillar », estime Pierre Piccaretta, responsable CGT dans l’entreprise de la banlieue grenobloise. Ce matin, à 7 heures, 45 militants syndicaux de « Cater » se sont donné rendez-vous en gare de Grenoble avant de monter dans le TVG qui les conduira à Paris. Pierre Piccaretta n’est pas de ceux qui désespèrent de la politique et de la gauche. Il a pris la parole lors du dernier meeting du Front de gauche dans la capitale dauphinoise pour exprimer le soutien de l’ensemble de ses camarades à la liste conduite par Marie-Christine Vergiat aux élections européennes du 7 juin.

Dominique Ben, syndicaliste CGT à ERDF, dans le Nord, se félicite du soutien apporté par le Parti communiste aux salariés du gaz. « Je partage tout à fait le mot d’ordre : de la lutte à l’Assemblée nationale. » Particulièrement concerné par les questions européennes, en raison des directives de libéralisation de l’énergie, Dominique Ben soutient la proposition communiste de pôle public de l’énergie, tant au niveau national qu’à celui de l’UE. Il espère que la campagne de terrain menée depuis des mois par Jacky Hénin, tête le liste du Front de gauche dans le Nord-Ouest, conduira à la réélection du député européen communiste. À ce propos, le militant syndical mentionne l’action de l’eurodéputé aux côtés des travailleurs de la centrale d’Ornains, qui devait fermer en 2009. « Les salariés se sont battus, Jacky Hénin est venu sur place, il est intervenu au Parlement européen. La lutte a payé. La centrale à charbon ne fermera qu’en 2012, cependant qu’une nouvelle centrale au gaz sortira de terre et créera des emplois. »

Antonio De Almeida est responsable syndical CGTchez Renault Sandouville. Comme citoyen, il s’est engagé dans la bataille du Front de gauche et figure sur la liste conduite par Jacky Hénin. « L’initiative prise par les députés communistes et du Parti de la gauche est, pour nous, une bouffée d’oxygène répondant à l’urgence de la situation. C’est pourquoi, comme syndicalistes, nous nous y associons, et nous souhaitons que d’autres partis de gauche prennent également leurs responsabilités. » Antonio De Almeida en est convaincu : « Le mouvement social a besoin d’un prolongement politique » et il ne suffit pas de venir protester aux portes des usines, il faut venir avec des propositions concrètes, et « le PCF et le PG sont les seuls à le faire ». L’urgence pour Antonio De Almeida, c’est de prendre des mesures contre la catastrophe qui frappe l’industrie automobile. Les donneurs d’ordres exercent des pressions terribles sur les équipementiers pour qu’ils procèdent à des restructurations en profitant de la crise. Quatre-vingts équipementiers de Renault sont dans une situation critique. « Si on laisse faire, il y aura une hécatombe de licenciements, redoute le dirigeant syndical. Face à la gravité de la crise, le Front de gauche est un élément de confiance pour les salariés. »

Publié dans Européennes 2009

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