Soirée Marseillaise "Europe et Culture" au théâtre Tourksy

Publié le par Marie-Christine Vergiat

L'article de Christophe Deroubaix paru dans L'Humanité du 22 mai 2009 après ma visite à Marseille.

Et si on causait un peu culture ?

En conclusion d’une visite marseillaise, Marie-Christine Vergiat, tête de liste du Front de gauche, a rencontré des acteurs culturels.

Marseille,

correspondant régional.


Les terrasses du Théâtre Toursky. Il y a plus désagréable et plus - formel comme endroit pour une rencontre politique. À l’ombre d’un pin majestueux, l’acteur Michael Lonsdale finit de siroter un rosé. Il doit partir. Un taxi l’attend. Il n’assistera pas à la réunion. Au terme d’une journée de campagne chargée (rencontre avec les salariés des docks, débat sur le thème du développement durable, rencontre à la cité de la Savine dans les Quartiers Nord de Marseille) mais sans doute habituelle, Marie-Christine Vergiat, tête de liste du Front de gauche dans la circonscription du Sud-Est, arrive. Thème de la soirée : « Europe et culture. » « Je suis là avant tout pour vous écouter car je ne vais pas jouer à ce que je déteste en politique, à celui ou celle qui sait tout », pose la militante associative plongée dans le bain électoral.

Alain Hayot, vice-président du conseil régional chargé de la culture et responsable national du PCF sur ce dossier, ouvre l’échange en posant quelques problématiques. Il constate d’abord que l’Europe a toujours refusé de faire de la culture, une compétence communautaire. Conséquences, « le budget culturel de l’Europe est inférieur au budget culturel de la région PACA » et les acteurs culturels doivent se rabattre sur les budgets consacrés à la « compétitivité territoriale ». Pour l’élu « se pose la question d’une politique culturelle européenne », question qui, reconnaît-il, fait largement débat au sein des milieux culturels.

tentatives

de marchandisation

Le débat est ouvert. Il est vaste, comme le prouvent les interventions. Xavier Grésillon, universitaire, tient à préciser : « Quand on accuse l’Europe de ne rien faire sur la culture, on n’accuse pas le Parlement européen, on accuse le conseil des chefs - d’État. Il faut se servir de l’Europe là où on peut la trouver : avec les fonds structurels. » « J’ai une nuance à apporter, rebondit Alain Hayot. Je ne veux pas utiliser l’Europe, je veux la changer. » Pour Marie-Christine Vergiat, « le fait que nous nous battions pour une autre Europe est fondamental ». Car, comme le souligne Pierre Dharréville, responsable départemental du PCF, « il me semble qu’il y a une culture européenne : c’est d’abord la culture du chiffre ». La culture étant victime, comme d’autres secteurs d’activité de la société, de tentatives de marchandisation. « Il y a une forte poussée en France pour nous sortir du - salariat et nous pousser vers l’entrepreneuriat », témoigne Danielle Stefan, du syndicat des artistes-interprètes CGT.

« Il n’y a pas de projet d’une autre société sans projet culturel, affirme Alain Hayot. Un projet alternatif est un projet culturel, tout comme un projet de société, qui met en avant la concurrence libre

et non faussée ». « L’Europe est un formidable outil d’échange, mais l’Europe que l’on nous construit est une - Europe forteresse, comme le prouvent les problèmes de circulation des artistes du Sud, conclut Marie-Christine Vergiat. Le défi à relever est vraiment de construire une autre Europe. »

* Au cours de cette journée marseillaise, les noms des premiers signataires du comité de soutien ont été rendus publics. On y trouve des salariés et syndicalistes (le postier Jean-Luc Botella, l’agent portuaire Pascal Galéoté, l’ex-Nestlé Norbert Sanchez ainsi que le responsable syndical de la réparation navale, Patrick Castello), des artistes (Ariane Ascaride, Robert Guédiguian, Gérard Meylan) et des universitaires (l’initiateur de l’Appel des appels, Roland Gori, l’historien Michel Vovelle).

Publié dans Européennes 2009

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